‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 301 sur 570 · ORIGINE DES DROITS RÉGALIENS EXERCÉS PAR LES ÉGLISES · texte numérisé non relu

ORIGINE DES DROITS RÉGALIENS EXERCÉS PAR LES ÉGLISES

Il est donc à peine un droit régalien qu'une église n'ait pu exercer à l'époque mérovingienne, une charge qui pèse sur tous dont elle n'ait réussi quelquefois à s'exonérer. La mainmise des évoques et des abbés sur les prérogatives et revenus des rois est d'ailleurs très incomplète. Rien ici de comparable à la révolution qui, aux IX*^ et X^ siècles, constituera une seigneurie en faveur du clergé et des moines, mettra en leurs mains droits de justice, de monnaie, de douane et de marché, regalia régulièrement obtenus ou délibérément saisis par eux à la faveur du naufrage du pouvoir monarchique, et souvent de l'évèque fera l'héritier du comte. Il n'y a pas eu à l'époque franque d'usurpation de la part des églises et des monastères. Mais la notion même de l'autorité publique s'est obscurcie. La frappe de la monnaie n'est faite parfois au nom des églises que parce qu'elle a perdu vraisemblablement le caractère d'un droit souverain qu'elle avait jadis et qu'elle reprendra sous les premiers Carolingiens. Les rois ont conféré expressément par privilège au clergé et aux moines les autres droits et les exemptions dont ils ont joui. Mais c'est là un affaiblissement du pouvoir royal d'autant plus grave peut-être qu'il est consenti très habituellement et passe inaperçu. De telles pratiques introduites sous les monarques francs subsisteront sous un gouvernement plus ferme, plus éclairé et préoccupé de sauvegarder ses ]irérogatives. Il est désormais admis et les Carolingiens, aussi pieux que leurs prédécesseurs, n y contrediront lias, qu'un roi bienveillant pour les églises les soustrait à la juridiction des comtes, les exempte des impôts et des péages, leur abandonne les revenus du fisc, le produit des taxes et des tonlieux, coiniuo il leur distribue de l'argent, des serfs et des terres.

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