‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 304 sur 570 · ADMINISTRATION RETIRÉE A I.'ÉVÉQUE · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION RETIRÉE A I.'ÉVÉQUE

lui permet de prendre soin, comme d'ordinaire, des intérêts de réglise '.

Quand radministration du patrimoine ecclésiastique doit être retirée à Tévcque, elle est d'ordinaire commise à Tarchidiacre -. Lorsque les facultés d'un prélat sont affaiblies au point qu'il ne puisse résigner ses fonctions, on choisira une personne fidèle apte à gouverner l'église ^. A la mort d'un évéque, le collègue qui préside à ses obsèques doit, en présence de tout le clergé, dresser inventaire de ce que renferme la maison ecclésiastique et y établir des gardiens afin que rien n'en soit distrait '. Jusqu'au jour où l'église aura un nouveau chef, le soin du iialrinioiiio est confié au clergé et spécialement .à l'archidiacre ''. Aucun évoque '^> voisin, pas même le visiteur envoyé par le métropolitain, n'a le droit de s'ingérer dans la gestion du temporel d'une église épiscopale pendant la vacance du siège ~.

L'évéque se décharge sur des auxiliaires d'une partie de ses fonctions administratives, parfois même de tout le soin du temporel. Saint Césaire d'Arles remontre à ses collègues qu'ils peuvent aisément trouver, s'ils le veulent, des jeunes gens, laïques et clercs, aptes à diriger l'exploitation des domaines de leur église, et qui leur, permettront de vaquer au soin des âmes ^. Les statuts anciens qu'il a recueillis ^ ordonnent aux évêques de remettre à d'autres le souci de leur maison et de leur farniHa ^o. Lui-même, rapporte son biographe, faisait fi

1. Grk'îoiki-: I)K Torus, Ilisl. Franc, VIII, -.'0 : « utiUtas tamen accclcsiac per (•jus (irdinationem, sicui solita erat, omnino exerccreUir » (êd, Arndt, p. 338).

-.'. Lrtirc d'.\;ifii)et. à s. Césaire: <- snspenso. . . e])isrnpo Contumclioso. . . et )iatriiiii))iio crclp.siac in friihernatione archidiaconi e.jiisdciii ecclfsiae consUluto » (Kjji.st. Arrîal., 'M, |). '>'). Il en e.sl de niènie (juand un ('■vpf|up est lianni {Vila s. WinebaiifH. 8, Ada sanct.. Avril, l. i, p. 57'1).

3. Lettre de (Irér/oirr le Grand à Aetlicrii's de I.i/oit (XIII. s. cd. Hartmann. I. )i. p :!7I .

1. Citfic. d'UrIra/is de ■'iXi, can. VI : <• (durnuin ecclcsiai'i discriptam iduneis l)er.sini.s cnslodicndani.. . derelin([iiat, ut res eccle.siae ullnrum imiircdjitale non l)ereat ^ (Maa.sskn, J). <>•.')•

5. ('O)tc. de Paris de lill, eau. IX: <• al> archidiacunn vel clero » (p. 188}.

tl. ('ont:. d'Orléans de 5111, can. VllI, p. 103.

7. Lettres de Jean fl aux érêqites des Gaules et ù l'égl'se de Riez lijiist. Arclat., 3-2, .33, p. lil). Cf. le'lre citée d'A'jajtet.

8. Adainii.'lin : <■ N.im agros colère, fal)ricare et culturani qiiae terris est nece.s.saria exercere. cl liico.s, et juniores et rleriros. ad hanc rem aptos, si in veritate vfdnnuis (jii.iercre, i)ossumus invenire » > .Mai.nory, Saint Césaire, Append. C, j). -iTi).

'.I. C(. i)liis haut. p. ."), M. I.

10. Slat. cceles. antif/.. can. XX : « L't cjjiscdpns Miillaiii rei fanijli.iri-- nii;iin ad .se revocet sed lectiuni et ijrationi et verlii dcj prai-dirati>)ni laiitiini miikIo vacet " (Brcns, I. i, ji. 113).

282 l'évéque administre en personne

des intérêts terrestres ; il avait confié ceux de l'église d'Arles à des intendants et à des diacres pour se livrer tout entier à l'étude et à la prédication ^

Saint Césaire reconnaît pourtant qu'un évèque doit veiller sur les biens temporels de son église -. Lui-même, quoi qu'en dise son biographe, n'a pas négligé entièrement ces soins 3. L'évéque d'Arles invitait seulement ses collègues à ne pas entrer personnellement dans le détail de l'exploitation des domaines, de la culture des terres *, à ne pas se laisser absorber par des menus soucis que d'autres peuvent prendre à leur place. Quand Grégoire de Tours parle d'un évêque qui n'administre pas lui-même, il dénonce toujours l'usurpation de quelque subordonné '\ Un pontife ne peut se dérober à sa charge d'administrateur sans que l'église en pâtisse. Saint Césaire entend l'un de ses collègues lui répliquer : « Si je néglige d'ordonner moi-même mes domaines, je souffrirai disette, je n'aurai rien à distribuer aux pauvres. Au reste, je ne trouve pas d'agent qui puisse faire mon office » 6. A la vérité, l'œil du maître devait pénétrer partout ; personne ne pouvait suppléer tout à fait l'évéque.

Il est assisté dans Tadministration du temporel par l'archidiacre ". A celui-ci aussi bien qu'à l'évéque le concile de Paris de G14 interdit de saisir pour le compte de l'église la dépouille

1. Vita s. Caesarii, 1, 15: « spreta omni soUiciludine curaque terrestri,. .. sollertiam culturae in dispensatione ordinatoribus et diaconibus credidit committendum » {Script, rcn/m merov., t. m, p. 462).

•2. Admon. : « De terrena substantia debemus esse solliciti sed non niiiiis » (Malnory, 02). cit., p. 297).

3. Dans son testament, sexcusant de n'avoir rien apporté personnellement à son église et d'en avoir aliéné certains biens, il fait valoir qu'il en a doublé l'avoir (éd. G. MoRiN, Jtev. bénéd., t. xvi, p. 104).

4. <• agros colère, fabricare et culturan» (juae terris est necessaria exercere » — " si agellos non ordinarero » — « ad extremum minus coUigatur in agro » (ibUL, p. -297). Ces expressions s'appliquent à une exploitation directe des terres: saint Césaire ne veut i)as qu'un évèque dirige laboiireurs et moissonneurs (cf. plus loin, chap. XXIV, L'icxpi.oitation dks or.vnus uomaines. S !)•

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