‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 325 sur 570 · INTENDANTS DES DOMAINES ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

INTENDANTS DES DOMAINES ECCLÉSIASTIQUES

d'Auxerre, envoie lui aussi des agents surveiller les propriétés de son église dans le Quefcy ^ Les hommes du domaine acquittent aux mains de ces régisseurs les redevances qu'ils doivent au maître. Dans un acte de 721, les gens de la villa d'Ardin appartenant à l'église du Mans, font, après entente avec Tagent ecclésiastique Audranuus et sous son contrôle, déclaration des cens qu'ils ont coutume de payer -'. Une missive de l'évêque du Mans Aiglibertus aux intendants et enquêteurs chargés d'administrer dix villae de l'église, leur enjoint de remettre aux messagers du monastère de Notre- Dame la dime de la récolte en grain, blé, foin, fromage, bétail 3.

Ces intendants des domaines ecclésiastiques oppriment parfois leurs subordonnés. L'édit de Clotaire II interdit aux agents des évéques et des grands personnages de commettre des rapines '^. Dans les terres des églises qui jouissent de l'immunité, le représentant du prélat exerce juridiction sur les hommes, et abuse sans doute parfois de son pouvoir. Clotaire II stipule que les juges et les r>^m^ discursores établis pour rendre la justice et en percevoir les profits dans les domaines que possèdent au loin les évèques et les grands, devront être choisis parmi les indigènes ^.

L'évêque ne s'en remet i)as entièrement à ces régisseurs du soin de régler l'exploitation, car s'il ne la surveille pas lui-même, peut-être la récolte négligemment faite ne sufflra-t-elle pas à nourrir les clercs et les pauvres de l'église. Avec quoi distribuera-t-il des aumônes, s'il ne s'emploie pas dans le domaine à ordonner les travaux? ^. Saint Césaire reconnaît qu'un évêque ne peut se dispenser d'y paraître, il supplie seulement ses collègues, (juand ils sont obligés d'aller visiter un ager de l'église, de ne pas s'y attarder i>liis ([u'il u'esi indispensable ''. Il consent ((u'uii ])rélat consacre deux ou trois heures aux soins que réclame une propriété ; mais il ne veut

1. .s. Dcsidcrii cjiisi , II, IS, Lettre di' l'alladius (j). il3 . •.'. Charte citée, p. iiréréd., n. ■,'.

3. Charte cL'AiylihcrtKs (J. Havet, Lex aptes des érà'/Kes dx Mri/ts, A|ii>eiul., 0, Questions 7nér()v., j). ■ii'ù: cf. p. 3'.>1).

4. Vhtotli. II c(li(t., -20 (HouKTirs, Caj/it., t. i, p. •,>;{).

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