‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 326 sur 570 · Ibi'l · texte numérisé non relu

Ibi'l

('). .\d)no>i. : « Sed dicil aliquis : unde facturus suiu olecinusynaiii, si i)cr me ipsuiii iii agro solliciliis nnii fiiem ? ■■ (Mai.nory, .Srt(/?< Cc'.sv/nv. Append., p. v".'?). ■' ideo tanlnin sliidin iiiipendci, (|iiia pauperilms lai-^'-iiii-es elopiiiosynas dare volo »

7. « .supplier).. . m, (|uutie.s riccessc lueiit in a;,'Tu cxcurrerc, iiou ibi sludeamus pi'olixiu.s iiniriorari ■> {toc cit.).

300 l'évéqle surveille en personne l'exploitation

pas qu'elle Taccapare tout entier ^ Ses confrères n'ont pas été ordonnés évéques pour n'être qu-e des intendants de grands domaines et des agriculteurs ^ : « Le Seigneur a commandé à » Pierre de paitre ses brebis ; il ne lui a pas dit : sois présent » au travail des vignes, administre en personne les villae, >' cultive toi-même les terres. Il n'a pas fait de son apôtre un » régisseur de vignobles et de grands domaines ni un agro- » nome » ^. Mais l'indignation qui transporte le saint évéque au spectacle de prélats trop exclusivement attachés à ces soins ne paraît pas avoir été partagée par le vulgaire. Saint Césaire ne songe pas à dénoncer le scandale qu'ils donnent ainsi à leurs ouailles. Le peuple pense que le devoir strict d'un évéque est de ne pas laisser dépérir le patrimoine des pauvres K

Dans la Gaule du VP siècle, le type de l'évèque grand propriétaire foncier, c'est non point Césaire, ascète qui répugne aux soucis de l'économie domestique et rurale, mais l'évèque de Lyon, saint Nizier, moins un lettré qu'un laborieux ">, dont l'activité se dépense dans toutes les directions, qui construit des églises, ordonnance sa maison, ensemence les champs, laboure le vignoble '^ sans pourtant se laisser détourner par ces soins de la prière ~'. Tel était sans doute aussi l'évèque de Trêves, Xizier, qui faisait défricher une colline boisée, y construisait une maison, un moulin, plantait des vignes et un verger *^.

Va\ général les prélats se contentent de diriger l'exploitation des domaines sans se livrer au labeur corporel. Pourtant saint Xizier de Lyon s, comme jadis saint Hilaire d'Arles ^o,

1. Adnion. : « Esto sollicitus duabus vel trilms horis ordinaiido, non semi)er ipsuin assidue exercendo » {loc cit.).

•2. «nonideo ordinantur ut tantuin ijmcuratores aj.Toriun et cultores debeaiil esse lerrarum » (p. 8^6, .

3. « Numquid dixit : per tuani praesentiam cole vineas ; per teipsuiii ordina viUas, terrenas exerce culturas ? Non hoc dixit sed : Pasce, inquit, oves meas... Non dixit procuratorem vinearum, villaruni, non auctoreni a^roruni » (p. •299).

4. Grégoire de Tours raconte qu'une feninie j)ossédée du démon reproche à un évèciue de s'adonner trop à la prière : « Sacius enini libi erat res aecclesiîe tuadilii/enter inquirere ne pauperibus ali(iuid dejjcrirel >• {HiKt. Franc, VIII, 1-2, p. a-i2).

5. Krisch, Préf. à la VUa s. Xicetii, Script, rerttin meror., i. m. p. 518.

6. <t ecclesias erigere, domos componere, serere agros, vineas pastinare diligentisstme studebat » (Grégoire de Tours, Hist. Franc, IV, 36, p. HO).

7. « Sed non eum hae res ab oralione lurbabant » (/fi«<. Franc, loc cit.).

8. FoRTCXAT, Carm., III, 1-2 {.\uct. anllfiidss., l. iv, p. prior, p. «>4-5). ("f. plus haut, p. 199.

9. Il faut sans doute prendre à la lettre les expressiuns citées de Grégoire de Tours, attendu que saint Nizier, avant d'être évéque, sadonnait au travail des mains (Vltae patrion, VIII, 1, p. 691).

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