‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 331 sur 570 · BKTAIL DES DOMAINES ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

BKTAIL DES DOMAINES ECCLÉSIASTIQUES

tatiou 1. 11 n'a garde, observe saint Césaire, de laisser ses vignerons manger, boire et dormir à leur volonté, mais les oblige à veiller sur les ceps et à en écarter les oiseaux et les bêtes sauvages -.

Les pâturages et les forêts des églises et des monastères nourrissent un nombreux bétail. Souvent un legs fait à un établissement religieux lui procure un lot de chevaux ou de bêtes à cornes. Léodébodus laisse à Saint-Pierre de Fleury la villa d'Asnières avec tous les troupeaux que le domaine renferme. Il lègue aussi aux moines trente chevaux, cinq juments, vingt bœufs, cinq vaches et dix brebis ^. L'évêque du Mans Bertrand partage entre sa cathédrale et le monastère des Saints-Apotres les troupeaux de juments qui lui appartenaient et que nourrissaient les pâturages de Téglise ^. L'évèque d'Auxerre, Didier, a légué à son église des troupeaux de bœufs et dé chevaux, de moutons et de porcs ; diverses basiliques recueillent de sa succession des métairies garnies de bestiaux ^. Il n'est pas rare qu'un postulant qui vient frapper à la porte d'un monastère amène avec lui quelque bétail, le seul bien qu'il possède ^. Au temps de Grégoire de Tours, les pajsans de l'Auvergne avaient coutume de vouer à saint Julien vaches et chevaux. Les bêtes rétives se calmaient quand on les conduisait au sanctuaire de Brioude ~. Il est vraisemblable que la basilique garda souvent des témoignages de la piété et de la reconnaissance des éleveurs. Saint-Julien de Brioude possédait aussi des troupeaux de moutons, sur lesquels un agent du fisc essaya d'établir une taxe "*. L'administrateur d'un établissement religieux développera d'autant i)lus volontiers la richesse en bétail

1. Toutefois sailli Césaire ne veut pas (|u'il soit un <• in^jcurator vincarum •> {Admon., p. -297).

2. Admon. : « (Episcopi) ad siiiiililudinem carnalium viniloruui vineani iloniinicam (deljent) ililifrcnter iuspicere, a... bestiis vel avibus aut (juibuscumque iinportunis vel immuudis aniuialibus defensare. Si nobis non placel ut vinitores n )Stri in ipsa vel de ipsa vinea manducent, bibant et dorniiant quantum ipsi voluerint et commissam sibi vineam née vi^ilando custodiant. . . » (p. -296).

■^. Test, de Léodébodus (Proc, A^idier, Chartes de Saint-Benoît-sur-Loire, 1, p. 8. Voir aussi le testament suspect de saint Yriez (P.vrdessls, 180, t. i, p. 139j.

4. Test, de Bertrand : « de gregibus equinis... inde duae portiones ex ipsis gregibus qui mei proprii esse videntur et super terras sanclae erclesiae pascua habent ■> (Pardessus, -230, t. i, p. -208). Au VIII' siècle, les soldais ilEudes d'Aquitaine volaient aux moines de Saint-Oustrille un troupeau de juments (Liber mirac. s. Austreglsili, 7, Script, reruin inerov.,l. iv, p. -203).

5. Gesta e}Hsc. Aulisiod.., 20 (Migne, t. cxxxviii, col. -238 et 241). 0. Refj. Tarnat., 1 (Holstexius, t. i, p. isûi.

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