‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 336 sur 570 · RENDEMENT DES DOMAINES · texte numérisé non relu

RENDEMENT DES DOMAINES

Dans les parties de la forêt épargnées par les bûcherons, les envoyés de l'évoque établissent parcs et étables pour abriter les troupeaux des religieux.

On se souvenait aussi à Reims, au IX*' siècle, de défrichements entrepris autrefois pour le compte de Téglise de cette ville dans les forets des Vosges. S'il faut en croire Hincmar, saint Rémi aurait transformé une partie du domaine forestier de son église dans cette région en exploitations agricoles. Des villulae, Cosle et Glen, doivent leur origine à ces travaux de déboisement. Saint Rémi a transporté dans les domaines conquis sur la forêt les habitants d'une mlla voisine de sa cité épiscopale. L'église de Reims leur accorde un salaire afin qu'ils l'approvisionnent de résine ^.

L'exploitation des domaines ecclésiastiques et monastiques donne un rendement dont la plus grande part est consacrée aux besoins propres des moines et du clergé et consommée immédiatement sur place. Le luminaire de l'église et du monastère absorbe la cire, l'huile, la résine. Les établissements religieux nourrissent et vêtissent une population nombreuse de clercs, moines, serviteurs, une clientèle étendue de besoigneux. Ces bouches sufïîsaient sans doute quelquefois à consommer le grain récolté et la viande fournie par les troupeaux. C'est pour entretenir tout ce monde que travaillent aux divers métiers soit les religieux eux-mêmes -, soit les artisans attachés aux métairies domaniales, ceux qui font tourner la meule des moulins, fabriquent la bière ou pressent le raisin et ceux qui confectionnent dans les ateliers domestiques vêtements, souliers et ustensiles de toutes sortes 3.

mentis slirpando, ... plura peregerunt novalia pulchra -> {Vita s. Pirminii, 8, Script., t. XV, p. 28).

1. Hincmar, Vita s. PeniigU, 17 {Scri2}t. rcrum merov., t. m, p. 309).

2. Reg. s. Bened., 57: « Artifices si sint in monasterio... » (Holstenius, t. i, p. 131); Reg. Aurel., 2,3j(p. 151); Tarnat., 7 (p. 183) i Magist., 17 (p. 250) ; 50 (p. 267) ; 85 (p. 280). 11 s'agit dans ces testes de moines qui exercent un artiflcium. La Reg. Magist. fait une grande place à ce genre de travail attendu quelle proscrit l'exploitation directe des domaines : « ad laborem in monasterio ars sola cum horto sufficiat » (86, p. 280). Les religieuses li.s.sent la laine (cf. plus haut, p. 103).

3. Dans les monastères des ouvriers travaillent pour les moines (maçons, charpentiers, Reg. s. Aurel., 19, p. 150), ou pour les religieuses {artifices, Reg. s. Caes. ad virg., 33, p. 359). Les clercs ne se livrant pas au travail manuel, au moins au bénéfice de l'église, des artisans laïques, hommes libres ou .serfs, exercent nécessairement tous les métiers pour le compte de l'église. 'S'oir aussi plus haut, p. 201, n. a. ^

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