‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 337 sur 570 · DÉFICIT OU EXCÉDENT DU RENDEMENT · texte numérisé non relu

DÉFICIT OU EXCÉDENT DU RENDEMENT

Quelquefois le domaine ne produisait pas tout le nécessaire et les ouvriers ne sullisaient pas au travail. A la faveur de leurs immunités commerciales et en puisant dans leur trésor bien garni, il était facile aux églises et aux monastères de se procurer au loin, outre les produits exotiques, les denrées et objets fabriqués dont ils étaient insuffisamment approvisionnés, huile, lard, habillement, chaussure ^

Il arrivait sans doute aussi que les terres fournissaient un excédent de production qu'un administrateur économe devait écouler au bénéfice de Téglise. Surtout dans les bonnes années, la récolte en grain, vin, huile, serrée dans les granges et celliers des nombreux domaines que possédaient les riches églises et monastères, n'était pas consommée tout entière par les clercs et les moines, leurs serviteurs et leurs pauvres. Un diplôme du VIP siècle nous apprend que Chaino, abbé de Saint-Denis, a livré à Tévèque Ansbertus quinze cents livres d'huile et cent muids de vin 2. Comme un tiers s'est engagé à fournir caution pour ce dernier, il n'est pas douteux que l'acte ne relate l'une des opérations commerciales auxquelles se livraient les moines de Saint-Denis. La règle de saint Benoît et celle du Maître jjrévoient qu'il y aura approvisionnement superflu d'objets fabriqués dans le monastère, et en autorisent la vente. Mais le législateur monastique ne veut pas que l'esprit de lucre inspire ces transactions. On s'informera du cours et on laissera ces objets à un moindre prix que ne les cèdent les marchands séculiers •*. . C'est aux mêmes conditions que saint Philibert faisait négocier des affaires pour le compte des moines de Jumièges -i.

En dépit des avantages que leurs immunités leur procuraient pour la vente de leurs produits, il ne semble pas que le commerce qu'en faisaient églises et monastères ait été très développé à l'époque mérovingienne. Les routes sont peu sures '•,

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