COMMERCE FAIT DES PRODUITS DU DOMAINE
les voyages coûteux. Pour un trafic lointain des denrées produites par les domaines ecclésiastiques il n'existait sans doute qu'une faible demande. Les textes que nous possédons nous montrent plutôt le clergé et les moines usant de leurs franchises pour l'achat des objets dont ils ont besoin que pour récoulement de leurs ])ropres marchandises. Riches et sans doute peu soucieux de bénéfices commerciaux qui comportent des risques et que les canons des conciles considèrent comme un gain honteux interdit au clergé ', ils aiment à mettre en réserve de larges approvisionnements afin de n'en point devoir ménager la dépense et en prévision des temps de guerre et de famine pour lesquels leurs greniers -, magasins et celliers 3 ne seront jamais trop vastes ni trop pleins.
1. Conr. d'Orléans de 538, can. XXX (Maassex, p. 82). Cf. plus haut, p. 37 et plus loin, chap. XXVIII, § III.
2. Sur les greniers de leglise à Arles, cf. Vita s. Caesarii, 11, 8, ScriiA. rerum merov., t. m, p. 487; à Rome, Grégoir.e le Gra.vd, Epist., V, 36, éd. H.vrtmanx, 1. 1, p. 319 ; Grégoire de Tolrs, Hist. Franc, X, 1, p. 406. La vie de saint Coloinban (I, 17, Script, rerum merov., t. iv, p. 83) signale au monastère de Luxeuil un « horreum quo frumenta condebantur ». Cf. Reg. s. AureL, 21 (Holstenics, t. I, p. 151).
3. Le règlement de Tétricus {Gesta episc. Autisiod., I, 24, Migne, t. cxxxviii, col. 245) mentionne le dominicum cellarium de l'église d'Auxerre auquel est préposé un cellérier. Sur le cellier des monastères, cf. Rey. s. Bened., 31, 35 (Holstenics, t. i, p. 125-6) ; s. Aurel., 1, 21 (p. 150-1) ; Tarnat., 12, 22 (p. 183-5); Magist., 16, 18, 19, 21 (p. 249-52); le vestiaire, Reg. s. Bened., 55 (p. 131); les magasins d'ustensiles (plus haut, p. 301).