TERRES DONNÉES .A BAIL
l'administration des biens que possède saint Pierre dans la région d'Arles et de Marseille, afferment les fonds de terre (masso.e, fundi) à des fermiers (conductores) ^. Ceux-ci versent entre les mains de l'agent du pontife les rentes en argent (pensiones) qu'ils doivent aux saints apôtres et les redevances en nature acquittées par les colons 2. Nous ne savons si dans les domaines des églises de Provence le régime appliqué au patrimoine romain fut en vigueur. La règle du Maître a vu probablement le jour dans ces contrées du sud-ouest, car elle fut certainement écrite dans un pays des Gaules voisin de l'Italie 3. Les monastères provençaux et ceux de la vallée du Rhône ont vraisemblablement donné ainsi leurs terres à bail.
Dans d'autres régions de la Gaule franque, en Anjou surtout '*j en Touraine, dans le Maine, dans le Parisis 5, les
la plus voisine d'Arles 'cf. Lœmxg, t. ii, p. 97). Au commencement du pontificat de Grégoire le Grand, le patrimoine des Gaules est confié au patrice DjTiamius (III, 33, Hart>l\xx, t. I, p. 191 ; VI, 6, p. 385). En 595, Dynaniius ne pouvant plus gouverner les biens de saint Pierre, l'intérim est confié au patrice Arigius (V, 31, p. 311--2; : puis Grégoire envoie pour administrer le patrimoine un rector proprement dit, le prêtre Candidus (VI, 6, p. 385 ; 49, 50, 52, 56, 57, p. 4-24-3-2 ; XI, 43-4, p. 310-7). Sous Boniface IV, le patrimoine d'Arles est de nouveau confié à l'évéque, Florianus {Epist. coll., 1-2, Eptft. meroiv. aevi, t. i, p. 455). Sur les recteurs des patrimoines, voir Fabre, De i)atrimoniis rom. ecclesiae, p. 35 et suiv.
1. GR.ÉGOIRE LE Grand, Eplst., V, 31, Couductoribus massarum sive fundorum per Galliam conslitutis (Hartmann, t. i, j). 311j. Le pape leur recommande d'exhorter les coloni, qui sont sous leur dépendance (quiljus praeestis), à faire honneur par leur Ijonne conduite à l'église dont ils forment la familia. Cf. Fabre, op. cit., p. ?4.
'i. Le prédécesseur de Virgile d'Arles administra un 2)atrimoniolum de l'égli-se romaine et " collectas apud se pensiones servavit ». Grégoire le Grand invite Virgile à restituer ces sommes (VI, 51, 53, p. 4-27-S*). Voir les lettres de Pelage I" (Epist. Arelat., 49, 53, p. 73, 77) et de Grégoire le Grand (III, 33, t. i, p. 191; VI, 10, p. 388-9) relatives aux 2}cnsiones transmises à Rome en espèces, ou employées, sur les ordres des papes, à des achats soit de vêtements destinés aux pauvres soit d'esclaves Angles qu'on enverra dans les monastères. Une lettre de Grégoire le Grand annonçant aux conductores du patrimoine des Gaules la prochaine arrivée d'un reclor, les invite à verser leurs pensiones aux mains de l'un d'entre eux qu'ils auront élu d'un commun conseil et qui les remettra à l'envoyé pontifical CV, 31, p. 31-2). Les cnnsueludinaria excepta, payés par les colons en nature (IX, 78, t. II, p. 95), seront remis par les conductores au patrice Ârigius qui en disposera pour ses propres besoins (V, 31, t. i, p. 31-2).
3. La règle (1, p. 232) s'élève contre les moines vagabonds qui viennent demander l'hospitalité en déclarant » se a finibus advenire Italiae. «
4. Form. Andecav., 1 c, 4, 8, 21, 22, 25, 40, 54 (Zeiwer, p. 5-33). Les biens dont il s'agit sont « super terraturio illius sancti », ou sont de la terre du saint (1 c, 25). La form. 37 (p. 16) prévoit que le bien est sur le tciraltirimn d'un vir inluster. Il y a donc en Anjou des propriétaires laïques qui afferment des terres dans les mêmes conditions que les églises; mais le plus souvent la terre ainsi occupée est le terratvrhnn d'un saint.
5. Form. Turon., 8. Vinditio d'une terre « salvo jure ipsius sancti •■ (p. 110).—