PRÉCAIRES DÉLIVRÉS AUX CLERICI MAJORES
de Tours cherche à gagner à son parti les principaux membres du clergé; il leur donne des vignes, leur distribue des prés '. Ces biens-fonds ne sont pas l'objet d'une donation en toute propriété qui eût appauvri l'église et par conséquent l'usurpateur ; il s'est contenté sans doute d'en attribuer l'usage à ses suppôts.
La jouissance d'une terre est consentie au clergé en rémunération des services rendus par lui à l'église, mais cette concession ne constitue pas, au moins ordinairement, l'équivalent du stijjendium que l'évèque doit à ses clercs et dont il se serait ainsi déchargé. Vraisemblablement ceux qui en bénéficient continuent d'avoir leur part des distributions de vivres, d'argent que fait l'évèque à ses subordonnés. C'est une grâce, une faveur - que l'évèque accorde à quelques-uns et seulement à des personnes d'un grand mérite ^. Elles sont réservées au haut clergé de l'église, à des prêtres, à des diacres 4. Le compétiteur de Grégoire de Tours a distribué des biens-fonds aux clerici majores ; les minores, dont il fait fi, sont battus de verges s. L'évèque de Lyon, en faisant saint Oustrille prêtre et abbé d'une basilique, lui attribua pour lui marquer son estiuie l'usage d'une colonîca qui appartenait à l'église ^. Le diacre Grimo, auquel l'église de Verdun accordait l'usufruit d'un domaine ''', était un grand personnage qui possédait un riche patrimoine. Ces libéralités reconnaissent des services exceptionnels. Aethérius, évêque de Lisieux, a chargé un clerc étranger d'instruire les enfants de la ville : comme cet écolâtre est très apprécié, l'évèque lui octroyé des terres et des vignes ^.
Ces concessions étaient faites aussi au commencement du VP siècle au clergé des campagnes ^. A une époque où les