‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 417 sur 570 · RANÇONS MENDIÉES PAR LES CAPTIFS · texte numérisé non relu

RANÇONS MENDIÉES PAR LES CAPTIFS

les Irais du rachat, les captifs sont libérés entièrement. (Grégoire le Grand déclare expressément qu'un évoque ne peut se faire rembourser par eux ces pieuses dépenses i. Aussi les captifs s'adressent-ils de préférence à un évêque 2, soit afin qu'il verse directement lé prix de leur liberté aux mains de ceux qui les retiennent prisonniers, soit afin qu'il désintéresse leur créancier. Auprès des prélats réputés généreux il en arrivait de toutes régions. Des nations voisines de la Gaule, Espagne, Ecosse, Bretagne, Gascogne, Burgondie, Saxe, on accourait à Paris pour se faire racheter i)ar saint Germain 'K La renommée de saint Césaire attirait aussi à Arles de nombreux étrangers, car on savait qu'il ne refusait jamais k un prisonnier l'argent nécessaire à sa rançon ^.

Parmi ces quémandeurs, il se trouvait sans doute maints pseudo-captifs et des gens tout prêts à quelque abus de conliance. A Arles un certain Bénénatus se présente devant saint Césaire avec une jeune fille habillée en homme qu'il déclare être son neveu, captif comme lui. Il attend, ajoute-t-il, l'arrivée de la sœur de cet adolescent qui est tombée en captivité elle aussi. L'évèque les embrasse et leur donne de quoi se racheter tous deux. Deux jours après l'escroc reparaît avec la même fille revêtue des habits de son sexe et se fait verser de nouveau la somme ^. Les évêques étaient sans doute souvent trompés par de prétendus prisonniers qui s'en allaient mendier une rançon qu'ils ne devaient à personne.

Aussi — et c'était une garantie indispensable contre les exploiteurs de la charité épiscopale — les captifs qui vont solliciter ces aumônes, sont d'ordinaire munis d'une lettre d'introduction que leur délivre un évêque. Tel qui n'a pas les ressources nécessaires pour racheter soit ses ouailles, soit un malheureux étranger amené captif en sa cité, [)rie quelque collègue mieux pourvu de faire bon accueil à la prière des prisonniers ({u'il leur envoie avec des lettres de créance '\

1. 'Kiilst., IX, 5-i : " rali" ae(|uiiatis cxpiisrit ul quod sliulin i)ielatis iiupi-nsum est, art redemptorum onus... non debeat porlinere » (éd. Hartmann, t. ii, j). 77). La lettre précise qu'il saj^il de captifs délivrés par un cvc(iue.

-'. KoRTiXAT, VUa s. Gerniani, XXII : » poslulanle cajjtivo » (Auct. antiquixD., t. IV, I'. post., p. 10): LIV : " niulicr... iietens redempUonem a sanclo viro » (p. 23»; Vita s. Cacsaru, I, 41: <■ non .soluin enim qui euui expetiverunt captivitatis sunt vinculis altsululi » (Script, rcnnu nuror., t. m, p. 471) : 11. -23 (p. 493).

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