‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 418 sur 570 · LETTRES DE CRÉANCE DÉLIVRÉES AUX CAPTIFS · texte numérisé non relu

LETTRES DE CRÉANCE DÉLIVRÉES AUX CAPTIFS

Clovis autorise les évoques à délivrer à leur gré des apostolia aux Aquitains captifs qu'ils jugeront dignes d'intérêt '. Afin de démasquer les fraudes, le concile de Lyon de 583 recommande aux pontifes de veiller à la rédaction de ces lettres d'introduction. Les scribes de leur chancellerie devront apposer les signatures de telle sorte qu'aucun doute ne puisse s'élever au sujet de l'authenticité de la pièce. Elle portera la date de l'émission, mentionnera le prix demandé pour la rançon, exposera les besoins des captifs qui en seront porteurs -. Une lettre de Grégoire le Grand écrite en 597 nous donne un spécimen de ce?,epi8tolae captirorum, qui étaient en usage en Italie comme en Gaule et qu'on rédigeait, semble-t-il, de la même manière dans ces deux contrées. Le pape expose à l'évèque de Messine que le porteur a contracté une dette de cent trente sous d'or pour racheter ses filles et n'a pu rendre que trente sous ; il prie l'évèque de lui donner quinze livres d'or. Si l'église de Messine n'a pas d'espèces disponibles, l'évèque vendra des vases sacrés s.

Les lettres qui recommandent des captifs aux bons offices d'un évèque n'émanent pas toujours d'un collègue. Le familier d'un prélat, quelque grand personnage étranger au pays lui demande parfois de s'entremettre en faveur des prisonniers. Un pauvre qui se lamente au sujet de son fils captif a dit à Fortunat que seul Syagrius, évêque d'Autun, peut racheter son enfant. Fortunat s'est souvenu qu'il est permis aux poètes de tout oser et au lieu d'envoyer au prélat une somme pour la rançon ^, il lui adresse un ingénieux anagramme où Syagrius lira dans tous les sens une invitation à délivrer les captifs ^. Saint Avit a reçu du vicaire du préfet d'Italie une lettre qui

4, Auct. antiquiss., l. viii, p. :270); de Viclorinus de Fréjus « Faustux (7 p. •271): de Ri'ricius à Konlus d'Arles {Riirica eijist., II, 8, p. ?,\~i : Ruricius se borne à envoyer à Éonius la lettre « quam ad huniilitatem meam frater noster Eumerius episcopus per ipsuiu direxil «) ; (Jonc, de Lyon de 5Ki, can. II (Maassen, p. 184).

1. Cf. plus haut, p. 361, n. 2. Sur le mode de rédaction de ces apostolia ou epistulae, voir n. suiv.

2. Conc- de Lyon, loc. cd. Clovis recommande déjà aux évêques de lui envoyer, au sujet de ceux qui ont été indûment emmenés en captivité, « epistulas de anulo veslro infra signalas ». En outre, pour répondre à un vo-u «.'énéral (sic tamen jtopulus noster petit), toutes les lettres que les évéques remettront à des captifs témoigneront par serment que l'exposé qu'elles font de la condition de ces infortunes est exact, « (|uia multorum varietates vel falsitales invenlae sunt » (BOREïiDs, Caiilt., I, t. i. p. 2).

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