‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 423 sur 570 · CHAPITRE XXXI L'assistance des pauvres · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI L'assistance des pauvres

Racheter les captifs, c'était combattre un mal endémique en ces temps d'insécurité, mais qui, en chaque région, sévit surtout comme suite passagère du fléau intermittent des guerres. La bienfaisance ecclésiastique s'exerce d'une manière permanente par l'assistance des pauvres. Les dévastations des armées franques, les efïrojables famines qui désolent la contrée ^ provoquent périodiquement une marée montante d'afï'amés qui s'en viennent assiéger les établissements religieux; mais, en aucun temps, la charité des églises ne chôme. Mendiants, malades, infirmes, demeurent perpétuellement leurs clients. Les dépenses qui, de ce chef, leur incombent sont à un étiage variable, mais ne cessent jamais de couler.

De toutes les charges des églises, celle-ci est la plus ancienne. Les évoques ne recueillirent à l'origine les offrandes des fidèles que pour les distribuer aux indigents '-. Dans les premiers siècles, le clergé suffisait par son travail à ses propres besoins; les biens de l'église étaient le patrimoine des pauvres 3.

A l'époque franque, le temporel ecclésiastique est encore regardé comme le bien des misérables. Parfois, à la vérité, on entend par les pauvres d'une église les clercs qui la desservent, les moines qui prient près des reliques d'un saint et qui sont nourris par lui *. Mais souvent aussi l'adage ancien est interprété à la lettre '^ Pourvoir aux besoins des nécessiteux est

1. Cf. Grégoire de Tours, Hist. Franc, III, 37, p. 139 ; VII, 45, p. 32-,'.

2. Cf. Harnack, Mission uncl Ausbreitunrj, le chapitre : Das Evangelium der Liebe und Hilfleislung, t. i, p. 127.

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