‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 436 sur 570 · OFFRANDES FAITES AU CLERGÉ POUR LES PAUVRES · texte numérisé non relu

OFFRANDES FAITES AU CLERGÉ POUR LES PAUVRES

s'écoule tiouveni par leur intermédiaire. Les largesses qui passèrent par les mains de saint Germain et dont Dieu seul, dit son biographe, i)eut supputer la valeur, provenaient tant des biens ecclésiastiques que de loflrande du peuple et des dons des rois *.

C'est d'ordinaire par le canal d'un saint évèque, d'un saint abbé et par égard pour ses vertus, que les monarques déversent un [»eu de leur or sur la tourbe des misérables. Childebert V a envoyé six mille sous d'or à saint Germain pour ses aumônes -. A Toffre que Dizier de Verdun fait à Théodebert de lui rembourser la dette de sept mille pièces d'or contractée pour venir en aide à la détresse des habitants de la ville, le roi répond qu'il lui suffit que des pauvres aient été soulagés par le saint pontife -K Parfois un monarque expédie à un évèque des convois de vivres qui lui permettront de nourrir sa clientèle d'indigents. Dans un moment d'extrême pénurie, saint Césaire a reçu des rois burgondes Gondebaud et Sigismond, qui savent ses œuvres de miséricorde, trois grands navires chargés de froment; aiilsi furent sauvés de la faim ses pauvres, sa domesticité et lui-même ^. Clovis envoyait de grandes sommes d'argent à saint Eptadius afin qu'il les distribuât aux captifs, aux veuves, aux orphelins '">. A la prière de sainte Bathilde, Clovis 11 a fait do l'abbé Génésius, futur évoque de Lyon, le dispensateur de leurs charités : « par ses mains la sainte reine nourrit les affamés, vêtit ceux qui sont nus et l'aumône royale se répand parmi les pauvres en tous lieux '». »

Les offrandes des particuliers rejoignent celles des rois aux mains des saints évéques afin d'alimenter leurs libéralités ; car donner à un saint pour qu'il donne à un pauvre c'est accroître le mérite de l'aumône. Les marchands nantais, émus d'un miracle opéré dans leur ville par saint Germain de Paris, lui envoient, chacun suivant ses ressources, de l'argent qu'il dispensera aux indigents ~.

1. FoR.TrNAT, Vita .v. Gcrmani, XII: '< quac vero elccmosynae tam df rcbu.s ecclesiae quam populi oblalione vel regio munere per manus sancti factae sunt, solus ille qui oninia scit et novit et numéral» {Anct. antiqui.ss., t. iv, p. post., p. 14).

•2. Op. Cit., Xni, p. 14.

3. Grégoire de Toirs, Hist. FratJC, III, 31: « illud mihi siiflicit si ilis])ensatione tua paupcres... sunt relevati » (p. 137).

4. Vita s. Caemrii, II, 9 (Scrljit. rerum mcrnv., \. m, p. 187).

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