Vita s. Eptadii, 9 {op. cit., p
6. Vita s. HalthilrUs, l: '< per cujus (Genesius) manus ministrans ipsa sacerdolibus et pauperibus, pascebal egenos cl induebal vestibus nudos:... in cuiKii.s paui)eribus, largani providebal regi.s elemo.sinam per luca niulta » (njt. cit., t. ii, p. iSt5-7).
7. FoiiTiNAT, Vita X. (irriiirnii. \Ly[i f.{i'il. nntif/tii.'ix., l. iv, v. post., p. îl-'i)
DÉPENSES DES ÉGLISES EN FAVEUU DES l'ALVRES 377
Mais, si les aiiiiiônes dos fitlèles faites par les soins du rlergé déchargent d'autant l'église, le temporel ecclésiastique n'en a pas moins pour fonction essentielle de subvenir aux besoins des pauvres. Le trésor de l'église est une réserve qui leur est en droit destinée. Ce qu'un évêque avare ou seulement économe laisse dans les caisses de l'église, un successeur plus généreux le distribuera aux indigents. Baudinus, évêque de Tours, leur a partagé les vingt mille sous thésaurises par son prédécesseur '.
Pour ces malheureux, le cellier et le vestiaire de la maison ecclésiastique sont mis à contribution. Saint Césaire, en dépit des remontrances de son intendant, a vidé ses greniers pour nourrir ses hotos nécessiteux, et tous les vivres de l'habitation épiscopale sont consommés quand arrivent des ravitaillements ■-'. Saint Germain de Paris ne gardait à son usage qu'une seule tunique, et consacrait tout le contenu de son vestiaire à l'habilloment des pauvres -K Saint Césaire, préchant à ses ouailles le devoir de raumone, s'accusait d'avoir peut-être laissé parfois dévorer par les teignes quelques vêtements que des indigents eussent été heureux de recevoir ^. L'évêque du Mans Bertrand charge l'archidiacre de distribuer aux pauvres le tiers des habits et des espèces qu'on trouvera à sa mort dans son vestiaire et dans sa caisse "'.
Les produits des terres ecclésiastiques sont en partie consacrés à l'alimentation de troupes d'affamés. Des évêques contemporains de saint Césaire s'excusaient de se laisser absorber par le soin de l'exploitation du domaine, en alléguant qu'ils pourront ainsi secourir plus largement les nécessiteux '^. Saint Didier marque bien dans son testament que l'église a ses pauvres et qu'elle doit les sustenter à ses frais : « Tes pauvres, que j'ai nourris avec tant de soin, écrit-il en s'adressant à l'église de Cahors, je te les contie et te prie de les nourrir et de les gouverner toi-même par l'intermédiaire de ton avoué ". »>