CHARITÉS DES ABBÉS ET DES MOINES
Comme les évéques charitables, les saints abbés et ermites se laissent harceler par une nuée de mendiants. Les pauvres accouraient près de saint Yriez comme les abeilles vers la ruche K Saint Eptadius 2, sainte Gertrude 3, font chaque jour d'abondantes distributions à des multitudes de malheureux. Saint Scnoch nourrit et vêtit les infirmes qu"il a guéris K
Ce n'est pas seulement la renommée personnelle d'un abbé charitable qui attire les pauvres, tout monastère est regardé comme un bureau de charité. Le temporel des moines est destiné, par la volonté de leurs bienfaiteurs, tant à les entretenir eux-mêmes qu'à faire subsister l'indigent qui s'adresse à eux ■"'. Lorsqu'une famine désole la contrée, ils secourent les affamés ^. En tous temps, la porte des moines est assiégée par les mendiants.
Saint Césaire d'Arles craint que leur affluence à l'entrée du monastère de Saint-Jean ne nuise au recueillement de la maison ; la règle qu'il donne à ses religieuses et qui devait avoir une large diffusion dans les monastères de femmes, interdit les aumônes quotidiennes et ordinaires faites au seuil du cloître. L'abbesse remettra le superflu dont elle peut disposer en faveur des pauvres au provisor, qui en fera luimême la dispensation ".
Cette prohibition, qui au reste ne paraît pas avoir été maintenue 8, est particulière aux couvents de religieuses. La porte
1. Vita s. Aridii, 10: " sicut apcs ad alvearium » {Scrijd. reriim mcrov., t. m, p. 585).
2. VUas. Eptadii, 6: « disseminator eleniosinarum tesaurum sibi indelicientem cotidie reponebat in sinu pauperis. Erat eniin nutritor orfanorum, refectio indigentium » (02). cit., p. 188).