LES FIDÈLES ENTRETIENNENT LA MATRICULE
cularil qui desservent l'uratoirc de Saiul-Léger et de ceux qui remplissent les mêmes fonctions dans la basilique de Saint- Symphorien '. Insensiblement la confrérie des pauvres alimentés i)ar la charité ecclésiastique et les aumônes privées se transforme en une domesticité de gardiens et d'huissiers du sanctuaire -.
L'église se décharge en partie sur les fidèles du soin d'entretenir les fratres qui mendient au seuil du temple. A la porte des sanctuaires, l'aumône ne tarit jamais. Dans un récit légendaire composé au VHP siècle et qui témoigne des usages de cette époque, un envoyé de Clovis va s'asseoir parmi les pauvres de la matricule à l'heure oti Clotilde sort de l'église. La princesse lui donne, comme aux autres mendiants, une pièce d'or 'K Le concile d'Auxerre, à la fin du VP siècle, commande à ceux qui ont le détestable usage de faire des vœux près des fontaines, d'aller à l'église et de remettre leur oârande votive à la matricule ou aux pauvres ■^. Souvent, près des sanctuaires célèbres, arrivent les envoyés d'un roi ou de quelque grand personnage, chargés de faire en son nom une abondante distribution d'aumônes. Clotaire II envoie saint Géry k Tours, au sépulcre de saint Martin, avec de grands présents pour les malheureux ^. Le comte Sigloardus vient prier saint Martin pour le salut de Childebert II et distribuer en son nom des aliments aux pauvres du Christ *'. Des provisions de bouche
1. Test. : " matriculai'io.s qui ad oratoriuiii saiicti Leode^arii descrvlunt .. qualiler illi alii matricularii qui ad basilicaui sancli Syinphoriani deservire videntur » {Gall. christ., t iv, Inslr., col., 44). L'auteur des Ge.sta Dagobcrli, qui écrit au' commencement du IX« siècle emploie la même expression à propos des inairicularll de Saint-Denis « (jui in praefata ))asilica vel alrio ejus descrviunt » (4-2, Script, rerum rnerov., t. il, p. 4-20i. Ailleurs il nous apprend que les pauvres de la matricule et de l'hôpital demeuraient, en action de grâce, au service de l'église (29, p. 411). Un peu plus loin, il relate une donation faite par le roi « matriculariis ac servitoribus ecclesiae » (35, p. 414).
2. Telles sont les fonctions des matricularii de la basilique de Saint-Trond à la fin du VIII" siècle quand écrit le biographe du saint : » Fuit vir habitans prope ecclesiam sancti Trudonis, propter excubiam sacratissimae aulae, quem nos vulgo matricularium vocamus » (Ylta s. Trxd., 26, M.abillon, Acta sanct. O. S. li., l. u,]}. 1037). Ce marguillier n'est plus un pauvre; U possède du bétail.. Maljillon (Ann. Bencd., XI, 35, t. i, ]). SSi) assimile les inatricularii aux nonnones de Saint-Germain d'Auxerre qui servent les moines à l'hôtellerie et ù l'église et aux clerici puisantes du monastère de Corbie (IX« siècle).
3. Liber hist. Franc , 11 {Script, rerum merov., t. ii, p. 854).