Grégoire de Toi rs. /fist. Franc., Y, 1, p. I'.ij
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DÉI'ÔTS CONFIÉS AUX SANXTUAIHES 393
Èbérullus de s'enfuir de la basilique, les gens d'Orléans et de Blois montent la garde auprès d'elle à tour de rôle. A chaque quinzaine, la troupe relayée s'en allait avec un grand butin, emmenait chevaux et bétail appartenant au saint et tout ce qu'elle avait pu piller i.
La maison de l'église qui a reçu des gens dont un roi veut la Ijerte subit un véritable siège. Les assaillants montent sur les toits pour lapider le proscrit à l'intérieur du palais 2. Quelquefois on essaye de mettre le feu à la basilique pour obliger les réfugiés à en sortir ■'^. L'asile accordé à des personnages peu accommodants et qui craignent d'être trahis expose de leur part à des sévices le clergé et l'évèque même qui les ont accueillis *. Une bataille sanglante est livrée dans les dépendances de la basilique de Saint-Martin entre les meurtriers d'Ébérulfus et ses serviteurs renforcés par les rnatricularii de l'église '". Les évoques francs défendent de leur mieux le droit d'asile reconnu aux églises et à la demeure épiscopale ; mais ce privilège leur coûtait souvent très cher.
La sauvegarde de l'église s'étend aux biens des réfugiés et aux dépôts confiés au sanctuaire. Pour obliger des proscrits à sortir d'une basilique, un dux menace d'y mettre le feu, mais il retient la populace prête à piller les trésors qui y ont été amassés 6. Souvent, quand une horde de pillards s'approche, les habitants d'une localité se retirent, avec ce qu'ils possèdent de plus précieux, dans la basilique. Mais les dévastateurs ne se laissent pas toujours arrêter par la crainte du saint. Ils forcent les portes, font main basse sur les richesses mises sous la protection des reliques sacrées et, quelquefois même, pillent en même temps le mobilier de l'église ". Les évoques reçoivent souvent