‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 47 sur 570 · BIENFAISANCE ECCLÉSIASTIQUE · texte numérisé non relu

BIENFAISANCE ECCLÉSIASTIQUE

Noie, c'est Téglise qui possèdo riinpital ' où il s'est tait le serviteur des pauvres iulirnios.

Ainsi déjà se dessinent les [ueniiers linc'-aiiicnts des institutions permanentes de bientaisance qui voiil se développer autour des églises et des monastères. A lepoque franque, les établissements religieux recueilleront des fondations pieuses faites au pr(ttit des pauvres et des malades. La bienfaisance ecclésiasti(|uo s'exercera par l'organe de services charitables et hospitaliers spécialement dotés, d'établissements pupilles des églises : les matricules et les hôpitaux.

Au lendemain de quelque grand cataclysme, ces institutions fixes n'ont jamais pu sutlire à soulager toutes les misères. Aux charités ordinaires des églises s'ajoute, au V siècle, nn chapitre exceptionnel de dépenses, chaque fois qu'une invasion déchaîne sur une région des Gaules tous les fléaux qui font cortège aux barbares, l'incendie, la famine, l'exil, la captivité. Mais pour remédier à un mal endémique il faut si souvent inscrire au budget des églises un crédit charitable extraordinaire, que ces charges occasionnelles sont à peu près permanentes et deviennent parfois si lourdes qu'elles absorbent toutes les ressources.

Appauvries déjà et pressurées par les agents du lise impérial "2, les populations des Gaules sont ruinées par l'invasion ■''. Au passage des Alains et Vandales toute la Gaule a brûlé comme un immense bûcher K Goths et Vandales pillent les villas, enlèvent argent, bijoux, mobilier et troupeaux, détruisent les récoltes, arrachent vignes et oliviers ■'. Tel d(jnt cent attelages labouraient les terres, peut à peine encore attacher deux b(jnifs à son unique charrue *^: « A quoi servent, écrit un poète contem-

1. l'Ari.iN DE Noi.E, Kjtixi-, XXIV, I : « ((uia qiiao rcsfrvasti, errlesia, te servionte, possidcal ■> (]). -iO-i); cf. :i (p. •iO-l).

-.'. Vita .s. (icriiirniL I, :>■', : « Triliularia fiinclin iir.iclcr Sdliliiiii et nécessitâtes iiimiiiierae cives suos... depresseraiU ■> (Actu stuict.. .Iiiill., t. vu, p. -WS). ("f. Sai.viK\, De yiihern. Dei, X, 7 et 8 {Ai/ct. anlif/uis.i.. t. i, p. iK) cl suiv.).

:{. Salviex, De ffuherti. Dei, VI, 5-2 : « Recessenint a nobis copiae veteres, recessernnt |)rioruiii leinporum facilitâtes, mi.seri jain sumus « (Auct. aniiquiss., t. I, p. -li) : VH, .50 (p. <>•>); Saint .Jkkûme, Kpl.s(.. CXXIH, h\ : ("XXV, -^O (Micnk, p. I... I. xxii, cdl. 1057-8, 1085).

4. Orientiis, CoinnionU., II, 181 et suiv. : ■. per vicos, villas, per rura cl compila et onines per pagos, lotis iiule vel inde viis, mors, dolor, excidium, incendia, luctus. l'iio fuinavit Gallia tota rogo » {Poetae clirisl. nti»., p. i., Corp. script, ecrie.'!.. I. xvi, |). •2,'}|). Cf. Sai.vien, De (jubent. Dei, VII, '^0{Aucl. atitiqi/iss., t. i, p. '.•■.'): Saint .Térù.me, Kpisl., CXXIH, [f, (Mione, P. L.. I. xxii, col. 10J7-,'<).

r». ('ariiifii lie j/rmid. itir.. •.>'.( et suiv., W.i cl suiv., ".)! l (Mir.xE, P. L-, l. i.i, col. 017 et (kH).

Page 1