Pociiia ad uxorcm. 17 (Mionk, t. i,i. col. till
i4 I.ES ÉGLISES NOURRISSENT LES AFFAMÉS
porain, les villas constriiiles do marbre, alors que le barbare est à charge au domaine et aux colons ^ » Paulin de Pella, riche propriétaire aquitain ruiné par les rapines des Goths -, s'est retiré à Marseille, où, dans une pauvre maison, il vécut longtemps de la charité publique ^. Etablis en Aquitaine dans des cantonnements fixes, les Wisigoths continuent à désoler les régions avoisinantes, à ravager les campagnes, à mettre le feu aux moissons ^. Si grandes sont les calamités éprouvées par les Gaules, que celui-là est riche qui a encore du pain '■.
Avant tout il faut nourrir les populations affamées. De riches Iiropriétaires. dont la fortune a été épargnée, s'y emploient ; Ecdicius, beau-frère de l'évèque de Clermont Sidoine Apollinaire, donne à lui seul du pain à quatre mille pauvres '^. La charité des pieuses âmes s'ingénie à soulager ces indigents ". Mais c'est aux évoques surtout qu'en incombe la charge. Au temps des invasions des Alains, Suèves, Vandales, saint Exupère, évêque de Toulouse, nourrit la population de sa cité et se prive d'aliments pour les donner aux allâmes ^. Il a vendu jusqu'aux vases sacrés de son église, et consacre le corps et le sang du Christ dans des corbeilles d'osier et des calices de verre ^. Dans toutes les régions des Gaules oîi les Wisigoths, par leurs courses dévastatrices, ont fait la famine, Patiens, évoque de Lyon, expédie gratuitement du blé^o. Sidoine Apollinaire lui en adresse des compliments flatteurs jusqu'à l'hyperbole. Les routes, écrit-il, ne suffisaient plus aux charrois. Tout le long de la Saône et du Rhône, Patiens à lui seul a rempli tous les greniers. Les barques qu'il a chargées de froment ont ravitaillé toutes les cités voisines de la Méditerranée, Arles, Riez,
1. .S". Vavlii)i cpUnannna, lunglt■nll)^^ allriliué à CLnidins .NLit-ius Viciur {Poel. rhrisl. ini/i., I'. I, p. 503).