HOSPICES DESTINÉS AUX PEREGUINI
malades ' ; le fondateur a fait élever dans la maison un sanctuaire en l'honneur de saint Luc et il a confié l'établissement à son fidèle Guidobaldus qui est son nourri 2. Toute semblable est la création de l'évoque du Mans Herlémundus. Il a dédié à saint Ouen près du mur de la ville un oratoire, y a préjjosé comme recteur ^ le prêtre Seufrédus. L'établissement est destiné à recevoir les pauvres, les hôtes et les percgrini 4. Herlémundus marque clairement que l'oratoire -hôpital de Saint-Ouen est desservi par des religieux ; les biens qu'il affecte à cette maison serviront, dit-il, à nourrir et à vêtir les ])auvres et les moines "'.
Les xenodochia ne reçoivent pas indistinctement toutes sortes de gens sans abri. Il en est qui sont réservés à des catégories déterminées de pauvres.
Nombre de maisons hospitalières ont été fondées pour accueillir les pey^egrini. Ce ne sont pas des voyageurs, des pèlerins ordinaires, mais des étrangers qui pour l'amour de Dieu ont quitté leur patrie et abandonné leurs biens ^. Pour ces pauvres volontaires qui se sont voués à l'exil perpétuel, des asiles ont été ouverts en grand nombre dans les pays francs ".
t. Pardessus, 438, t. ii, p. 239. Celte pièce fragmentaire, que réditeur date de 696, est probablement un extrait du testament d'Ansoaldus, cvèque de Poitiers (ibid., n. 3). L'acte ne peut être attribué à un abbé (n. 2); le rédacteur note (1). 240) que les biens proviennent en partie « de ratione ecclesiae », langage (jui na pu être tenu que par un évêque dotant cet établissement des biens de son église. Cf. Tardif, Les chartes méror. de yoirnioutier, \. Rer. hlstor. du droit, 1898, p. 774 et 789.
2. Pardesscs, p. -HO: <'nutritoacfideli nostro (iuidolialdn cnimiiisiuius •>. LoMiing {op. cit , t. n, 1). 650, n. 1) estime que ce personnage est un administrateur laïque. Le » nourri » d'un évêque est bien ])lutùt un clerc. Cf. ])lus haut, ji. 350. n. 7 et 35-2, n. 11. Guidobaldus est sans doute le chef d'une cummunauté de moines ou d'un collège de clercs voués au soin des malades.
3. l'n petit étal)lisseniont monastique est quelquefois administre par un rcclor. La celhda de Mazemlles, signalée dans la i)ièce précédemment citée 'Pardessls, 338, t. II, p. 239), a été gouvernée par un rector.
4. J. Havet, Les actes des évêques du Mans. .\.i)pend., 12. dans (jursHons iiiérov., p. 443. J. Havet regardai! celte i)ièce romuie autlienti(|ue sauf de légères interpolations (cf. jt. 415).
5. « oportebat ut ipsi monacoli vel pauperes ibidem conversantes >• {iliid.).
6. (• concedimus ad sanctimoniales spirilales vel peregrinas seu peregrinorum ac pauperum usum qui propter Deum dereli(|uerint sua loca vel substantiam •> (Charte d'Aiylibcrtifs pour Xotre-Dante, J. Havet, Les actes des cvè'i)'rs du .Mans, Api)end., 8, Qvestions )néroc., ]). 431). « Erat ei (sainte Odile) cousueludo peregrinas... suscipere feminas tam de Scolia quam eliam dr Brillannia necnon et viros religiosos ex diversis provinciis venienles. . . suscepit • (Cn. Pfister, Vie de sainte ()dile, 16, .\nal. Uotland.,{- -Mii, P- 23-0- Cf. L. Ctoiraid, L'œuvre des Srotti dans l'Europe continentale (Ker. r/'/ii.sV. ecclés., 1908. p. 23).
7. Sainte Odile {loc. cit.), sainte Oertrude (Vita. 3, Script, rcrum mcrov., t. II, p. 458), saint .\rti.)ul {Vita, s. \\. iX>) reçuivent les jicn'grini. Le mon.a.stère