‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 495 sur 570 · LES ROIS PROTECTEURS DU TEMPOREL · texte numérisé non relu

LES ROIS PROTECTEURS DU TEMPOREL

se rend en personne au palais ou envoie des gens ])r6senter au souverain des suppliques relatives au temporel ecclésiastique i. Non seulement le roi accueille les plaintes des prélats, mais il veut que ses agents les entendent. Clotaire II ordonne aux juges publics de défendre les biens des églises, des évêques et des pauvres -. Un grand nombre d'arrêts de restitution ont été prononcés au plaid royal, à l'époque franque, en faveur des églises et des monastères dépouillés par des spoliateurs '-K

Les rois protègent le temporel d'une église ou d'une abbaye en accordant à cet établissement religieux un privilège d'immunité qui le préserve des exactions commises souvent par les fonctionnaires royaux à l'abri de leur pouvoir de police et de justice 4. Parfois aussi un souverain reçoit sous son patronage un évoque ou un abbé, les biens, les hommes, les amis de ce ]jrélat et tout l'avoir de l'église ou du monastère qu'il gouverne alin de les mettre à couvert des attaques illicites des méchants ^. Le maire du palais prendra effectivement en mains, en place du roi' les intérêts de son protégé. De ce privilège de mainbour accordé à titre personnel à l'évoque ou à l'abbé ^, l'établissement religieux recueille aussi le bénéfice; en toutes occasions et notamment au i)lai(l, le temporel de l'église, comme le patrimoine propre du prélat, sera défendu par le maire du palais, sous le regard bienveillant du monarque.

Aux monastères dont le temporel est menacé à la fois par les laïques et par les clercs, les rois accordent des diplômes qui

Metz (I, 8, p. 198), au maire du palais Grimoald (I, .', p. 194 ; li, p. 196), à Dagoberl I" (I, 5, p. 195), pour leur recommander les cnn'litioncs, condicii'.nculas de son église ou de l'un de ses monastères.

1. Saint Priest, évéque de Clermont, se rend « ad aulam régis Hilderici pro conditione ecclesiae » (Vila *■. Pracjecti, 8, Mabillon, Ad a sanct. O. S. H., t. ii, p. 614). Saint Germain (de Paris), alors qu'il est encore al)lié de Saint-Symphorien d'Autun, va trouver à Châlon le roi Théodebert « pru villis Augustidunensis ecclesiae» (Fortixat, Vita s. Gcnnani, V, Auct. antifjuiss., t. iv, p. jiust.,

'.>. ChlDlh. H cdictuin, 14 (Boretiis, t. i, p. ■.>•.').

3. Pertz, Dlpl. reguin, 11, p. 38; 70, p. 62; 77, i). 68; Fi.ODOaru, Hix(. licm. eccL, II, 1, 5 XScrii)t., t. xiii, p. 151 et 451): Gcsta Mgtibcrti (Adux jtnnt. Cenom., 14, éd. Bisson-Lkdri-, p. 194, p. 197); Gcsta abb. Fo/ilan., 7 {Scrijtt. t. 11, p. 279).

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