‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 2)Chapitre 494 sur 570 · LES ROIS CONFIRMENT LES DONATIONS PIEUSES · texte numérisé non relu

LES ROIS CONFIRMENT LES DONATIONS PIEUSES

Dans quelques testaments, il est dit que le roi a autorisé et approuvé les pieuses dispositions que Tacte renferme. Dès répoque franque, la chancellerie royale délivre des diplômes confirmant les libéralités d'un particulier envers une église *. A défaut d'un précepte royal de confirmation, on procure à un acte de vente ou de donation la sanction royale sous la forme d'un arrêt de justice. Au plaid, on voit souvent comparaître des parties qui sont d'ac-cord. L'abbé ou l'agent d'une église demande que la propriété d'un bien lui soit adjugée. Le représentant de l'autre partie reconnaît que cette terre a été donnée ou vendue par elle à l'établissement. Le comte du palais témoigne dans le même sens. L'arrêt attribue le bien au requérant et un diplôme royal lui est délivré relatant la sentence -. On a visiblement, ici, donné à un acte de donation, à un contrat de vente, la forme d'un jugement. Le précepte royal, qui a été substitué ainsi à un acte privé, ruine d'avance toute revendication ultérieure en justice, opposant aux compétiteurs futurs de l'église un arrêt déjà rendu, sur la confession même d'un adversaire prétendu, et émanant de l'autorité souveraine.

L'autorité royale est le dernier recours d'un évêque, d'un abbé contre les vexations et les rapines des séculiers. Clovis a promis de s'opposer aux entreprises dirigées contre le temporel des églises. Bien que les princes francs aient oublié les promesses du premier roi chrétien de leur race ^ et que souvent ils se fassent les complices des usurpateurs, l'évêque qui a subi une spoliation s'empresse d'adresser une plainte au monarque et de comparaître au plaid royal '^ dans l'espoir, qui n'est pas toujours déçu, d'obtenir justice. A cet effet, un prélat diligent s'attache à se ménager les bonnes grâces des personnages influents. Il écrit aux grands, au maire du palais, au roi lui-môme pour leur recommander les intérêts de son église ^. Il

1. Dipl. de Clotaire II de 625 et 627 (Pertz, 10, 11, p. 13-4). Sainte Kadcgonde a fait confirmer par les rois, fils de Clotaire, ses libéralités envers le nionastcre de Sainle-Croix (Grégoire de Toirs, IX, 4-2, p. 402). Toutefois la plupart des diplùnies royaux ratiliant une donation renouvellent seulement la concession faite d'un bien à une église par un roi antérieur. Le formulaire de Marculfe ne renferme à lusage des scribes royaux que ce seul modèle de confirmation (I, 16, Zelmer, p. 53).

2. I>ipl. de Clovis III pour Saint-Denis de 692 (Pertz, t>4, p. 57); de Childebert III 2iOur Saint-Germain-des-Piés de 702 (73, i). (>l-5}; de Thierrij IV ijour Saint-Denis de 726 (94, p. 84).

3. Cf. plus loin, chap. XXXVIJ, La spoliation des églises, p. 446.

4. On voit même un évéque dépoujJJe au nom du fisc s'adresser au roi pour obtenir justice ^Grégoire de Tours, Glor. eonfess., 70, p. 789).

5. Voir les lettres adressées par Didier de Cahors à Abbo de Metz d, 9, Epist. merow. aeci, t. i, i». 198), à Chrodulfus, maire du palais et futur évêque de

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