LES ROIS ÉPARGNENT AUX ÉGLISES LE PILLAGE
les mettent à l'abri des attaques des spoliateurs et des empiétements des évoques. Quand des religieux ont été dépouillés de leurs biens et de leurs titres de propriété, le roi leur délivre un précepte qui énumère les domaines du monastère et leur en confirme la possession '. En accordant à une communauté monastique un privilège de liberté, d'exemption ecclésiastique et civile, il interdit aux évoques et à leurs agents en même temps qu'aux fonctionnaires publics et à qui que ce soit, de rien enlever de cette maison -. Enfin les souverains consentent à confirmer toutes les possessions, le corps entier des biens d'un monastère -', que ceux-ci proviennent d'une donation ro3'ale ou des offrandes des simples fidèles K
Volontiers aussi, les princes mérovingiens épargneraient aux églises les ravages des gens de guerre. Clovis, encore païen, restituait aux évêques les vases précieux ravis aux églises par ses soldats ^. Quand, roi catholique, il envahit l'Aquitaine, il interdit aux siens de piller les temples, de faire violence aux clercs, à leur famille, aux serfs des églises ''. Dans les territoires de Tours et de Poitiers, la maraude est prohibée par égard pour saint Martin et saint Hilaire ''. De même, Thierry pf défend à ses gens qui rançonnent l'Auvergne de rien enlever dans un rayon de sept milles autour du sanctuaire de Saint-Julien de Brioude ^. L'épouse de Gondebaud renvoyait à cette basilique ce que des Burgondes pillards y avaient dérobé '^.
1. Dipl. de Vlotairc III jiour le monaslcrc de Bczc de 664 (Pertz, 4-.', p. 40).
■1. Dipl. de Dagobert I" i)mir Rehais de 635 (Pertz, 15, p. 17): Marc, form., I, 1 (Zelmer, p. 40), -3 (p. 42). Cf. plu.s haut, p. 12',>.
3. Marc, forni., I, 35, Conflrmatio de uiiiiii (.«irpore facullalis iuona.slerii (Zeumer, p. 65).
1. Ibid. et DiiU. de Thicrnj III de 6SI cl de CInldcrir III de 7 14 pour Slavelot (Pertz, 53, p. 48; 97, p. 88). Un moine de Sainl-Yrieix .s'est rendu au palais avec les chartes du monastère et a demandé à l'évèque d'Autun, Syagrius, « ut ejus patrocinio diversorum aemulis insidiis cellula tueretur ». L'évéque obtient en eflet i)our les chartes du monastère la confirmation royale {Vita s. Aridii, 7, ScrijH. reruin merov., t. ni, p. 605).
5. Grégoire de Tours, HisL Franc, II, il : <■ multae aeclesiae a Chlodoveco e.xcrcitu depraedatae sunt, (juia eral illc adhuc fanaticis errorihus involutus. Igilur de quadam eclosia urceum... abstulerant cum reliqua eclesiaslici ministerii ormamenla » (p. 88). L'historien attribue ces déprédations au fait (jue Clovis est encore païen; la suite du récit montre pourtant (ju'il ne les approuve pas et cherche à faire restituer aux évéques ce qu'on leur a pris.
6. Chlod. ad cpisc epi-st. (Boretu:s, Capit., 1, t. i, p. 1). Cf. Kirth, Clovis, t. II, p. 70.
7. lU-st. Franc, II, 37, p. m et 100. S. De vlrt. s. Juliani, !3, j). .'.70. 9. Ibid., 8,p. 568.