RACHAT DES CAI'TII S
gémi, les mains meurtries par les chaînes. Couvert de poussière, tu marchais, plié sous la charge, au milieu des chars et des armes des Gëtes, entraîné par eux dans un dur voyage » '. Les clercs, les çvéques sont eux-mêmes emmenés comme esclaves •-. Aucun homme de haut rang n'est assuré de n'être point quelque jour captif des Gètes ou des cruels Alains ^. Salvien s'étonne que ses contemporains qui vivent sous la terreur de la captivité puissent encore s'adonner à des occupations frivoles ^. Comment de riches propriétaires osent-ils réduire les colons réfugiés sur leurs terres à la condition d'esclaves alors que les barbares s'apprêtent à les y faire tomber eux-mêmes ^. D'autres que les envahisseurs attentent aussi à la liberté des Gallo-Romains. Un certain Séronatus, qui paraît avoir été un des derniers fonctionnaires impériaux d'Arvernie ^, jette des clercs en prison "' et partout où il se transporte traîne derrière lui des i)risonniers qu'il se plait à faire souffrir de la faim ^.
De bonne heure il a été recommandé aux fidèles de faire œuvre de miséricorde en rachetant les prisonniers ^. Saint Martin en donnait l'exemple aux chrétiens des Gaules ; quand il agréait leurs offrandes, elles servaient à payer la rançon des captifs 10. Au temps des invasions, le rachat des captifs prend la première place parmi les soins des pieux personnages " et des prélats charitables. Les évêques paient aux
1. Carmen de proiid. clir., 56: « hiclusae vinclis sic gemiere iiiaiius. Tu quoque jmlvereus plauslra inter et arma Getoruiii, rar])plias duram non sine fasce viam » (MiGNE, P. L.. t. li, col. 618).
•>. Saixt Jérôme, Epist., LX, 16 (t. xxii, col. 000^
:5. pAiLiN DE NoLE, Cariii . . XX^'I. i'.i et suiv. {Corp. .script, eccles.. t. xxx, p. -246-7).
4. De o^'bern. Dei, YII. I : « nos et in metu capiivitatis ludimus ■• f.4^/c^ anliquiss., l. I, p. 85).
5. Ibld., V, 9 : « niir-amur si nos liarhari ca])innt cuni fralres nostros facianms esse captivos » (p. 63).
tj. Son nom indique qu'il est d'orijjine romaine et Sidoine rajjiioi-te {Epist., VII, 7, Auct. antiqviss., t. viii, p. 111) qu'il a été condamné à mort comme coupable davoir livré le pays aux barbares.