PILLAGE DES GENS DE GUERRE
consigne qui lui est donnée de ne rien enlever du mobilier des églises, de ne pas faire violence aux clercs, à leur famille et à leur domesticité, d'épargner le territoire de Tours et de Poitiers, que protègent saint Martin et saint Hilaire ^ Après la guerre, Clovis devra faire remettre en liberté ceux qui ont été emmenés captifs aux dépens des églises "2, Il a fallu qu'un miracle opéré par saint Maixent intimidât les pillards pour ([ue son monastère, sis pourtant en Poitou, fût épargné •\ L'ordre, donné plus tard par Thierry PS de respecter Saint-Julien de Brioude, n'a pas été mieux observé ^.
Les discordes des rois francs entraînent de grandes pertes pour les églises. C'est vainement qu'en 567, les évèques de la province de Tours adjurent les rois qui s'entre-déchirent et ravagent les royaumes ennemis , d'épargner au iiioins les domaines ecclésiastiques ^. L'un des fils de Chilpéric dévastant le Limousin, le Quercy et les régions voisines qui appartiennent àSigebert, incendie les temples, enlève les vases sacrés, saccage les monastères. « Le deuil des églises fut plus grand qu'au temps de la persécution de Dioclétien « s. H en est ainsi à chaque campagne entreprise par ces hordes de barbares que sont encore les armées franques au temps de Grégoire de Tours; leur passage dans une région est une calamité pour le clergé et les moines comme ijour les laïques ~. Sous le règne de Chilpéric, Sigebert et Gontran, c'est un thème ordinaire des réflexions des pieux évèques et des monarques eux-mêmes que de comparer la conduite des rois qui pillent et ruinent les sanctuaires à celle de leurs ancêtres qui enrichissaient les églises et les monastères §.
Quand, à la fin du VIP et au VHP siècle, le pouvoir royal s'éclipse, les rivalités des grandes familles, les guerres intes-