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LES MOINES SE RAPPROCHENT DES VILLES

bientôt rejoints par d'innombrables disciples, ont donné naissance aux monaslèrosde Condat (plus tard Saint-Oyand, Saint- Claude), de Saint-Lupicin et de Roniainniotier, établis en plein désert dans la forêt défrichée ^. Les premiers moines des Gaules eurent le souci de trouver une retraite solitaire, bien que souvent des nécessités pratiques leur aient fait souhaiter ou accepter qu'elle ne fût point inaccessible et les aient retenus quelquefois à proximité des villes et des bourgades.

Aussi en ces temps de ferveur première, à peine sans doute exista-t-il un temporel monastique. Les pauvres du Christ, voisins de cités populeuses, visités par de pieux pèlerins, pouvaient être entretenus par les seules aumônes des fidèles. Les monastères du Jura et les établissements peu nombreux qui ont pu être créés comme eux dans des régions peu fréquentées, furent peut être les seuls à posséder alors des terres que les moines avaient eux-mêmes gagnées sur la forêt.

Dans la deuxième moitié du V" siècle, les moines se rapprochent de plus en plus des villes. L'insécurité des campagnes dévastées par les barbares et par les brigands oblige les religieux à posséder un refuge dans les enceintes fortifiées 2. Des monastères nouveaux s'établissent dans les faubourgs et à l'intérieur même des villes. Au temps où Sidoine Apollinaire est évêque de Clermont, saint Abraham installe des religieux dans la ville, auprès de la basilique de Saint-Cirgues -K Saint Venant, arrivant à Tours, y trouve fondé déjà, à proximité de la basilique de Saint-Martin, un monastère dont il devient abbé et qui portera son nom ^. Saint (lerniain d'Auxerre fonde un monastère en vue de la cité, de l'autre côté de l'Yonne ^.

1. Vltac jiatriiiii. I, -,' : <■ ('uni j.un hcaii heremilae populi.s.. . i)ul)licati fui.s.sent, feceruiil sil)i luonasicriiiiii (|uo(l t'oiidaiiscone vocitari volucruiil, in quo, siicci sis silvis cl in plana rcdactis... » (p. 6G4-5).

■1. Conc. de Vannes de 465, can. VUI: « Altl)atibus... i)lura nionastcria haljcre non licoal ; ni.si tanluin i)roptei' incursuni hoslilitalis inli-a lauros rcceptacula collocare » (Brins, t. ii, p. Ml): dWyde de 50G, can. XXXVUI (j). \V.i\

'.'>. GuKGOiRE DE ToiRS, Hist. Franc, U, il, p. 81: VUae patruin, ni, 1, p. 07.?.

I. Vitae palrurn, XVI, 1, p. l-iô. Saint Venant a du venir à Tours dans la deuxicnie moitié du V« siècle. lin effet Licinius, évèque de Tours au temps de l'expédition de Clovis en Aquitaine, a été avant d'être élevé à l'épisco|)al alibé du inona.stcre de Saint-Venani {HLst. Franc, X, 31, p. 440). Dom Be.s.se (/.es mnines de l'ancienne France, j). 148) a cru que ce monaslére, voisin de la basilique de Saint-Martin {VUae palrum, lue. cit., Gloria, conf., 15, p. 750), renferme les moines (|ui desseivenl cette ltasili(|ue. Mais au VI' siècle Saint-Venant et Saint-Marlin sont des établissements distincts et ont chacun leur abbé (//(.st. Franc, X, 31, p. 447), comme l'a reconnu du reste dom Be.sse qui distingue à tort Saint-Venant et Saint-Venance (ibid.).

:>. VUa s. Germani, II, \-2 (Àcta sanct.. Juillet, t vu. p. 3I5). Le règlement d'.Vunarius (VII« .siècle) attribue à saint Germain la fondation du monastère Saint-Marien {Gesla episc* Autisiod., 19, MloXE. I'. L., t. c.xx.wiii, col. 231).

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