MOINES GARDIENS DKS TOMBEAUX DES SAINTS
I)roxiinité ' que sont fondés les monastères de femmes. Ce n'est pas seulement le besoin de sécurité qui fixe moines et religieuses auprès des villes, c'est aussi le développement du culte (les saintes reliques. A qui confier ce trésor sacré sinon à des i)ersonnes vouées elles-mêmes à la vie parfaite ? Dans Tâme religieuse l'amour de la solitude n'est-il pas vaincu par l'attraction qu'exerce la présence d'un corps saint, qui sans cesse émet une vertu surnaturelle, énergie irradiée sur tous ceux qui l'approchent et le vénèrent ? Un grand nombre de basiliques urbaines ou suburbaines, élevéessur le tombeau d'un saint célèbre, abritèrent dès l'époque franquc dans leurs dépendances une communauté de moines ; mais souvent les moines en prirent possession k une époque tardive qu'il est dillicile de préciser. A Cambrai, la basilique de Saint-Médard élevée [)ar saint Géry, où cet évoque fut enseveli - et qui plus tard a pris s(jn nom, n'est pas encore devenue, semble-t-il, l'église d'un monastère à la fin du MI" siècle, au temps où écrit le biographe du saint-*. Dans le suburMuTn d'Arras, sur l'emplacement de l'oratoire de bois construit par saint Vaast, et où il eût voulu être enseveli ', le monastère qui porte son nom n'a été fondé qu'à la fin du \1[« siècle 5. A Sens, un monastère ne s'est formé auprès de la basili(|ue oii reposaient sainte
1. Le laim.istric Xotm-Dainf' du Mniis. ('cikIi' ,iii Inrips de ri'V("'(|iic Innocent (lircmiér-e nioitir du VI' siècle), est construit cnlrc l;i S.irthc et le nuir de la cilé (Précaire de Tcnestlna, J. Havf.t, Lea actes dex ércfji'cs du Mans, A|i]K'nd. 0, Quest.. iiiéror., j). 4il). Au VII« siècle, sous répisco]);!! de saint Priesl, fut fondé dans le siifnirbhnn de Clernionl un uionaslère de femmes. Les couvents <le relij/ieuses étaienl alors très rares encore en ces réj-'ions : ■• puellarum in illis locis coennlùum vix ri'])i'i'ieiialur ■> [VUn s. l'rtirjcct i . 1. Maiui.i.on. .\ilii smu-l. I. ii. p. filli).
2. Vild s. (iriin/crici, \3 {Sr,'ij)l . rcruiii iiiCi-nr.. |. m, p. 637).
3. Le l)iot^rai)lie ne signale auprès de la hasiliriue tic Saint-Métlaril (|ue le ruhicuhdti où dormail saint (Jéry et (|ui a été transformé en oratoire. Dans la basilique, dit-il, loflice est célébré par des clercs (ibid., 14). Il signale (15, p. <i'.s) un simple oistos ofjus fiollicUudn 'te ijisa l/asitira liuliel>atifr. .\ucune mention n'est faite d'un éiablissenient monasiif|ue.
I. /3 Viifi s. Vcddsii, '.) {Svriiil. reri'in nu'rur., i. m, p. |l-,>).
.'.. En tète d'un caialotrue des abbés de Saint- Vaast, composé au IX' siècle, ligure l'abbé Alla (|ui commença à gouverner le monastère la ?ei)tième année du roi Thierry, c'est-à-dire en 6hî : « anno v-ii regni Theoderici régis Atla abba ca>pit regere monasterium •> ( Srrijjt.. t. xiii, p. ;«•?). Le catalogue ne dit jias expressément que le monastère a été fondé en 682, comme l'interprète .M. Kru.scb (préface aux vies de saint Vaast, p. loi). La Vita .v. Autberti, qui est jtrobalilement de Fulbert de Chartres (XI« siècle, cf. V.\x dkr Essen, Les rilac <les s/ihit.-' iiiéror. de Vanc. Jletgiijue, p. -.'71), attribue (11, Mi<;m;, V. L., t. cxi.i, col. .'itiK; cf. Gesla episc. Cnnicr., I, 20, Seri/)t., t. vu, p. -50'.») la fondation ilu umnaslère à .Vubert, à (|ui, dès le IX' siècle (cf. Kiirscii, p. 103), un interi>olaleur de la vie de saint Vaast (p. 436) rapportait la translation sur les bonis du ("rinchon des reliques de ce bienheureux.