CRÉATIONS DES MOINES IRLANDAIS
ijni commençaient à régler les conditions de Thabitat monastique. Renouvelant Tesprit des premiers moines des Gaules, comme jadis les saints du Jura, ils vont créer des monastères loin des cités, en plein désert, là oii il y eut quelquefois des établissements humains et même des villes florissantes à l'époque romaine, mais oii ils né trouvent i)lus que des ruines inhabitées, envahies parles ronces et perdues dans la forêt. C'est dans les solitudes des Vosges ^ que Colomban et ses compagnons fondent leurs monastères : Annegray, Luxeuil, Fontaines.
Tous les monastères dont la londalioii (,'St duo au renouveau de ferveur monastique i^ropagé i)ar les Irlandais, et qui adoptent les règles de saint Benoît et de saint Colomban combinées à Luxeuil par Walbert -, ne s'élèvent pas nécessairement dans les solitudes ni même toujours à une grande distance des villes. Solignac, fondé par saint 1-Ioi sous la norme des règles de saint Benoit et de saint Colomban 3, n'est éloigné de Limoges que de six milles ^. Saint Didier établissant un monastère à Cahors le soumet aux mêmes règles^ C'est la discipline de saint Colomban qui est introduite dans les monastères d'hommes et de femmes fondés à Besançon ^, dans les couvents de religieuses établis près de Nevers, à Bourges, dans les trois monastères d'hommes fondés au territoire suburbain de cette cité ^.
Mais le ])lus souvent les créations sont faiies sur le modèle de Luxeuil dans! les lieux déserts. Au VI'' siècle, les rois, les grands, les évoques qui fondaient un monastère l'établissaient toujours dans la ville, le suhurhium ou les environs. C'est au contraire en pleine forêt des Ardennes que, vers 644, Sigebert 1 1 fonde les monastères de Stavelot et de Malmédy qui seront gouvernés ])ar l'abbé Rémacle, instruit à Solignac dans la discililiiic (le Luxeuil ^. La reino Piathilde installe des moines dans une rilla royale isolée sur les bords do la Somme et fait chercher à Luxeuil le premier abbé de Corbie '•'. Avec le concours de
1. .TuNAS, Vilar Catii nibani (Usvipulori'inquc, I, 0 iScrijjt. rcrifin incror,, t. iv, )•. 7-.'); s i|i. 71) ; 10 (i). 7(jj. Cf. plus loin, p. '.Ci-ii.
2. (T. Mai.nory, Qiii/I Lu. novic lises monaclii..., \>. ii).
3. JoNAS, VUae Con/iiib.. II, 10, p. l-}'^. Cf. Mai.ndiiy. p. -."J.