LIVRES VENUS D’ITALIE A CORBIE
Il est vraisemblable que maintes églises des Gaules sont entré s en possession de manuscrits italiens à l’occasion des voyages qu’y font leurs prélats au VIIIe siècle en qualité de missi des premiers rois caro’ingiens, tels Remi, évêque de Rouen \ Haribert, abbé de Murbach 1 2, Wulfard 3 et Ittier 4 *, abbés de Saint-Martin, Bérald, peut-être abbé d’Echternach 6, Wilcharius, archevêque de Sens 6, Droctegang, abbé de Jum èges 7, Fulrad 8 puis Maginarius, 9 abbés de Saint- Denis, Hubert, évêque de Châlon, Erninbert, archevêque de Bourges, Bernerad, archevêque de Sens et Radon, abbé de Saint-Vaast 10.
Le monastère de Corbie a été mis souvent en relation avec l’Italie à partir du VIIIe siècle. L’abbé Grimon, chargé par Charles Martel ainsi qu’un moine de Saint-Denis, d’escorter le pape Grégoire III retournant à Rome en 739 11 , a sans doute rapporté des livres d’Italie. Nous connaissons plusieurs manuscrits des Ve, VIe ou VIIe siècle, d’origine certainement italienne, qui ont appartenu à l’ancienne bibliothèque de Corbie. L’un, le Tite-Live, du Ve ou VIe siècie, s’y trouvait sûrement dans la dernière moitié du VIIIe siècle12. Les Évangiles de la version antéhiéronymienne, les opuscules de saint Augustin du Ve siècle, le « De civitate Dei » en s mi-o ciale du VIe siècle, un recueil de canons, un manuscrit en onciale renfermant cinq traités théologiques du même temps proviennent aussi d’Italie 13 . Adalhard, avant de gouverner Corbie, avait résidé au Mont Cassin ; il a été chargé plus tard d’importantes missions en Italie en 809 puis en 812 où il exerce la tutelle du jeune Pépin, roi d’Italie 14 et ses séjours en Italie ont procuré sans doute des livres à son