‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 1116 sur 1207 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

Constitution des Bibliothèques

§ i. — - Les limites d’une collection de livres DU VIIIe AU XIIe SIÈCLE

Revue faite des bibliothèques ecclésiastiques et monastiques de l’ancienne Gaule, dans la mesure, souvent fort imparfaite, où chacune d’elles nous est connue, il reste à déterminer les caractères généraux des collections de livres qui se sont constituées du VIIIe au XIIe siècle, auprès des églises.

Pour apprécier la place que tiennent les livres dans le mobilier des églises et l’importance des collections dont elles sont pourvues, il faut, sans comparer ces bibliothèques à celles de l’antiquité ou des âges postérieurs, les situer dans le cadre de l’époque, les conditions, les besoins et les moyens des établissements qui les possèdent. Pour chacune des anciennes églises, le noyau primitif, tel qu’il apparaît constitué au début du VIIIe siècle, ne comprend qu’un petit nombre de manuscrits. En chaque église nouvellement fondée du VIIIe au XIIe siècle tout est à créer. Quelle que puisse être l’avidité des contemporains à se procurer des livres, les sources dont ils disposent sont maigres, les résultats possibles assez restreints.

L’importance des collections ecclésiastiques et monastiques au cours de cette période est limitée d’abord par le nombre relativement peu considérable des ouvrages qui existent et qui peuvent prendre place dans les bibliothèques. La part de beaucoup la plus considérable des œuvres qu’elles renferment du VIIIe au XIIe siècle est le legs de l’antiquité. Décrivant la bibliothèque de l’église d’York, Alcuin note l’origine de tous les livres qu’elle contient : ceux que le peuple juif a reçus du Ciel, ceux que la Grèce a transmis aux Romains, ceux

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