OUVRAGES CONTEMPORAINS
nues ou inconnues d’eux appartenant à l’antiquité chrétienne. Les moines de Murbach et bien d’autres sans doute comme eux, sont à l’affût de tous les ouvrages de doctrine dont ils déplorent l’absence en leur bibliothèque. Mais cette source de livres depuis longtemps tarie et appauvrie par bien des pertes causées par l’incurie de l’âge précédent est elle-même d’un rendement limité.
L’apport nouveau en livres des temps contemporains est assez maigre. Il ne représente qu’un supplément médiocre en qualité comme en nombre aux œuvres antiques, surtout si on rejette parmi celles-là les livres réputés de Grégoire le Grand, d’Isidore de Séville et de Bède. La production théologique ou purement littéraire en prose et en vers reste relativement faible au IXe siècle ; elle est plus maigre encore au Xe et celle du XIe siècle, déjà plus abondante, ne se répandra guère dans la plupart des bibliothèques qu’au siècle suivant. D’ailleurs, au cours de l’époque carolingienne, elle se borne à exploiter, à interpréter les Livres Saints, l’ancienne littérature chrétienne et ce qui reste des ouvrages relatifs aux Arts Libéraux qu’a produits l’antiquité, à expliquer, commenter, à accompagner de gloses les textes sacrés, à colliger des extraits des Pères, des Canons et Décrétales, à expliquer et simplifier les ouvrages antiques consacrés aux Arts Libéraux. Les œuvres originales et neuves sont rares et moins goûtées, en dehors du pullulement des vies de saints et des récits de miracles, que celles qu’inspire la tradition antique.
Aussi s accroît relativement peu la masse des ouvrages appelés à figurer dans les bibliothèques. Le développement de celles-ci est par conséquent contenu dans des bornes serrées qu'on ne peut guère reculer. Le fonds des bibliothèques étroitement mesuré est partout essentiellement identique. Il est assez peu d’ouvrages rares dont la présence soit le privilège d’une église. Les incessants emprunts et communications de l’une à l’autre, l’activité des copistes divulguent au loin ce qu’une collection renferme qui a échappé précédemment aux autres. Les bibliothèques les plus importantes ne sont mieux fournies que parce qu’elles réunissent à peu près tous les ouvrages qu’on trouye répartis dans toutes les autres. L’importance d’une bibliothèque de ce temps tient pour une part au nombre plus grand des exemplaires qu’elle possède des mêmes ouvrages, Bibles, Évangiles, à l’abondance des copies de Livres Saints groupés de diverses manières, à la multiplication des Livres liturgiques, et même à la présence de plusieurs exemplaires d’un même ouvrage théologique ou de