‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 1122 sur 1207 · IMPORTANCE VARIABLE DES COLLECTIONS · texte numérisé non relu

IMPORTANCE VARIABLE DES COLLECTIONS

Le nombre des livres dont disposent les églises est nécessairement très ^variable ; il est en relation avec la richesse de l’église et du monastère, le nombre de ses clercs et de ses moi-, nés, l’activité intellectuelle qui s’y déploie, le goût et le zèle des prélats, armarii, custodes, écolâtres plus ou moins éclairés et industrieux, le site et les vicissitudes de l’histoire de chaque établissement, il est des églises et monastères plus entreprenants qui sont à la tête du mouvement intellectuel, dont l’école est réputée, et où une plus riche collection de livres est à la base du rayonnement et de l’attrait qu’elle exerce autour d’elle et vers elle.

On peut distinguer aussi des régions où, à notre connaissance au moins, les bibliothèques sont en général mieux ou moins bien fournies Les collections des églises et monastères de Provence et d’Aquitaine paraissent s’être reconstituées plus tard que dans le reste de l’ancienne Gaule et même à la fin du XIe siècle sont encore moins bien pourvues qu’ailleurs. Dans l’ancienne Burgundie et dans les pays de la Loire et de la Seine moyenne, les églises et monastères sont d’ordinaire riches en livres. Si les bibliothèques de Bretagne et de Normandie sont de développement plus tardif, il n’en est pas de même en Anjou, dans le Maine, au pays Chartrain ni dans la région des embouchures de la Seine. Les établissements du Nord et de l’Est, des provinces ecclésiastiques de Reims, Trêves, Cologne, Mayence tiennent sensiblement la tête et là, d’importantes bibliothèques apparaissent constituées au XIe siècle auprès d’un grand nombre d’églises et de monastères.

En général, on peut estimer que les collections formées dans les monastères sont plus riches que les bibliothèques des églises épiscopales. Sur celles-ci nous sommes ordinairement moins bien renseignés ; il s’est plus rarement conservé d’anciens Catalogues qui les concernent. Sans être en état d’avancer aucun chiffre, on peut dire seulement que les églises de Lyon, Autun, Paris, Beauvais, Laon, Cambrai, Reims, Metz, Strasbourg, Cologne sont du VIIIe au XIIe siècle les plus riches en livres.

L’importance des bibliothèques monastiques peut être moins difficilement appréciée. Néanmoins, on a vu combien il est délicat d’estimer le nombre des ouvrages et des volumes qui y ont été réunis et plus encore de mesurer les étapes du développement des collections d’un siècle à l’autre. Les monastères qui ne dépassent pas la moyenne paraissent avoir réuni du IXe à la fin du XIe siècle deux à trois cents manuscrits.

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