‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 1125 sur 1207 · ET LANGUE DES OUVRAGES QU’ELLES RENFERMENT · texte numérisé non relu

ET LANGUE DES OUVRAGES QU’ELLES RENFERMENT

La composition des bibliothèques ecclésiastiques et monastiques du VIIIe au XIIe siècle est déterminée par les besoins pratiques de la communauté, qui sont toujours les mêmes. Aussi, plus ou moins rempli, le même cadre vaut pour toutes les églises et dans les grandes lignes la composition des bibliothèques apparaît partout identique.

Chaque église est pourvue en nombre variable des livres servant au ministère de l’autel et au service divin, Sacramentaires et Missels, Évangéliaires, Épistolaires, Collectâmes, Hymnaires, Tropaires, Antiphonaires, Bénédictionnaires, Lectionnaires, Homéliaires, Pontificaux, Psautiers, Bréviaires, Martyrologes. La même série se retrouve partout, mais à l’exception des Psautiers, chacun de ces livres est adapté à l’usage de l’église qui les utilise, représente la liturgie qui lui est propre. Une église n’aurait que faire des livres liturgiques d’une autre église, à moins qu’ils n’aient été accommodés à son usage. Le « mos » romain seul est admis, avec les particularités locales. Les rédacteurs de Catalogues distinguent quelquefois encore, au IXe siècle, dans la série des Sacramentaires, le Gélasien et le Grégorien. Plus tard, la liturgie grégorienne n’a plus besoin d’être mentionnée, car elle seule reste en vigueur, mise en harmonie avec la liturgie propre à chaque église.

D’autre part, en matière de livres liturgiques, seules les grandes églises sont pourvues d’un nombre important d’exemplaires de chaque sorte. Telles possèdent une vingtaine de Sacramentaires et jusqu’à cinquante Psautiers. Surtout, le luxe dans la décoration du texte et la reliure de ces livres est propre aux riches établissements. Ceux dont le trésor est garni d’un ou plusieurs de ces livres richement décorés, en ont d’ordinaire de simples pour l’usage quotidien, les seuls dont disposent les petites églises. On ne cesse d’exécuter des exemplaires nouveaux pour remplacer les volumes qu’un long usage a vieillis.

Le plus souvent sans doute, le lot entier de ces livres est conservé dans l’église ou dans les armoires du sacrariam, à part peut-être les Psautiers qui, comme les Livres d’heures et de prières à l’usage des laïques, rois ou simples particuliers, peuvent être tenus pour livres de piété, dont il est fait usage

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