LANGUE IRLANDAISE
sans doute à être communiqué à des étrangers de langue aile-mande séjournant au monastère.
Les livres scots souvent signalés doivent le plus ordinairement être entendus au sens qu’ils sont exécutés en écriture irlandaise. Les manuscrits latins copiés par des Irlandais ou des Bretons renfermaient d’ailleurs des notes et gloses en langue vulgaire 1. Les Psautiers scots, comme les Psautiers grecs et hébreux étaient peut-être exécutés non seulement avec les caractères, mais dans la langue dont ils portent le nom.
§ 4. — Classement des livres dans les collections.
La composition des bibliothèques, telle qu’elle vient d’être déterminée, correspond-elle à un classement des livres effectivement opéré par les soins des clercs et moines qui en ont la charge ?
Les Catalogues, qui ont été dressés à partir du VIIIe siècle, rangent le plus souvent les livres suivant un certain ordre. Rarement et pas avant le XIIe siècle, les livres sont énumérés par ordre alphabétique 2. En ce cas, la liste est établie assez capricieusement, tantôt par noms d’auteurs, tantôt suivant les titres des ouvrages. Presque toujours, les rédacteurs des plus anciens Catalogues ont suivi un ordre méthodique, d’ailleurs peu rigoureux, tel dans les grandes lignes qu’il est réglé par Alcuin décrivant la composition de la bibliothèque de l’église d’York. Même dans les Catalogues où des séries sont nettement indiquées suivant cette méthode, des portions intermédiaires renferment parfois des mélanges où s’éparpillent des livres qui auraient été à leur place dans l’une ou l’autre des séries 3.
L’ordonnance que font apparaître ces inventaires est-elle exclusivement l’œuvre du rédacteur, ou bien celui-ci inscrit-il les livres comme il les trouve déjà rangés dans la bibliothèque ?
1. Le ms. irlandais de S. Gall du VIIIe s., 904 de la grammaire de Priscien porte des gloses irlandaises de trois mains différentes (Scherrer, p. 319). Il en est de même des mss. provenant de Reichenau (Hôlder, n° 167, ire moitié du IXe siècle, f°» 24-45, t. I, P- 366). Sur les gloses irlandaises, voir plus haut, p. 52, 352, sur les gloses bretonnes, p. 192,
2. C’est le cas des Catalogues du XIIe siècle de Saint-Bertin (Becker, 77, p. 181 et suiv.) et de Corbie, 79, p. 185 et suiv.
3. Il en est ainsi dans l’inventaire de S. Riquier, où, entre la série des canones et celle des livres des grammairiens, on retrouve des ouvrages de saint Jérôme, Isidore et de Pères, qui auraient dû être méthodiquement classés dans la série précédente des « diversorum ».