‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 1143 sur 1207 · ORDRE DES CATALOGUES, CLASSEMENT DES BIBLIOTHÈQUES · texte numérisé non relu

ORDRE DES CATALOGUES, CLASSEMENT DES BIBLIOTHÈQUES

Bien qu’au cours de la période qui nous occupe, aucun signe ou note qu’on puisse assimiler à une cote n’apparaisse jamais sur les livres des bibliothèques qui ne font encore que naître, il semble bien que le classement méthodique des Catalogues réponde à un ordre préexistant. On s’explique ainsi que presque tous aient suivi le même mode de classement,. Des habitudes uniformes se trouvaient en fait imposées par une tradition créée par les organisateurs des premières bibliothèques, peut-être venue des pays anglo-saxons et d’Irlande. Si Alcuin énumérant les ressources que présente la bibliothèque d’York indique sommairement par là ce qu’on trouve dans le même ordre dans les collections du continent, le fait s’explique par des coutumes propagées, semble-t-il, des pays insulaires aux pays francs et d’une église à une autre.

Un classement préexistant des livres rangés par catégories et par ouvrages de même auteur explique peut-être la confusion qui règne dans certaines parties des Catalogues les mieux ordonnés par ailleurs. Au fonds antérieur méthodiquement classé de la bibliothèque, s’ajoutaient souvent des apports nouveaux. Nous en avons des témoins dans les listes qui nous sont conservées de livres donnés par divers prélats ou autres bienfaiteurs. De nombreux manuscrits qui subsistent portent encore l’indication du don qui en fut fait aux IXe, Xe, XIe siècles. Les livres ainsi nouvellement arrivés n’étaient sans doute pas toujours rangés par les soins de Yarmarius dans la série déjà constituée des livres de même nature. Il se formait ainsi des séries disparates et quand on dressait inventaire des livres, ces mélanges étaient inscrits à la suite des anciennes séries x.

Un obstacle matériel se présente aussi bien au bon ordre du rangement des livres tel qu’il est opéré dans la bibliothèque qu’à celui de l’inventaire dressé par des enquêteurs ou bibliothécaires. Les reliures assemblent souvent des volumes très disparates. Sans doute des relieurs d’âge postérieur ont pu réunir des livres primitivement séparés. Mais les Catalogues qui spécifient les divers ouvrages contenus dans un même volume montrent que du IXe au XIIe siècle, les assemblages sont faits alors déjà d’œuvres appartenant à des séries différentes. Le bibliothécaire ou le rédacteur du Catalogue a dû

i. Nous en trouvons exemple en finale ducatal.du Xe siècle de Lorsch.oùà partir de l’art. 565 sont énumérés les livres que Gerwardus a laissés aux moines, lot qui comprend des ouvrages de saint Augustin, saint Grégoire, Bède, Hilaire etc., qui sont ainsi hors série. (Becker 37, p. 118-9).

Page 1