‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 1174 sur 1207 · CONSULTATION DES PIÈCES D’ARCHIVES · texte numérisé non relu

CONSULTATION DES PIÈCES D’ARCHIVES

archives est souvent attribuée à l’incendie allumé par les Normands, à l’occupation de l’église par les Sarrasins, aux pertes occasionnées par la fuite h Parfois aussi, le chartrier est détruit par des usurpateurs intéressés à faire disparaître les titres de propriété de l’église 1 2.

Les pièces que renferme ce dépôt sont souvent examinées et consultées. On racontait à Saint-Maur qu’un certain nombre de documents provenant des archives du monastère avaient été confiés aux moines de Saint-Aubin. Un envoyé des moines de Saint-Maur s’en vint à Angers les rechercher. Le prévôt reconnut les avoir vus quand il feuilletait les préceptes des anciens rois 3. Les administrateurs soucieux de connaître les droits et privilèges de leur église, les avocats qui les défendent au cours des nombreux procès soutenus devant les juridictions ecclésiastiques ou séculières, les historiographes qui entreprennent de les sauver de l’oubli, se succèdent dans 1 ’archivum pour en compulser les dossiers.

Le contenu en diplômes et chartes d’un très petit nombre d’archives telles qu’elles étaient constituées du VIIIe au XIe siècle, nous est parvenu à peu près intact. Si Saint-Denis a pu sauver presque intégralement la série de ses diplômes royaux et un nombre important de ses chartes les plus anciennes, Saint-Gall garder les authentiques des donations si nombreuses que le monastère a recueillies à partir du VIIIe siècie, Cluny les chartes qui l’ont enrichi aux Xe et XIe siècles, il n’a subsisté pour la plupart des églises qu’un petit nombre des pièces originales qui figuraient dans leurs archives à cette époque.

Heureusement, les gardiens de ces dépôts, alors qu’ils étaient intacts ou partiellement conservés, en ont pris copie, les historiens et chroniqueurs du IXe au XIIe siècle ont

1. Dipl. de Louis le Pieux pour l’église de Langres, 9 Sept. 814 : « propter occupationem Sarracenorum, instrumenta cartarum vel etiam immunitates regum quae ibidem erant perdita fuissent » ( H F, VI, 461) ; de Charles le Chauve pour S. Martin de Tours, 22 Août 854 : « ob hanc causant (incendie du monastère par les Normands), cartarum instrumenta ex rebus praefatae ecclesiae pertinentibus... perierent », (VIII, 536) ; pour S. Maur des Fossés, 23 Avril 864 : « cum monachi... fugerint afacie Nortmannorum et evadere quaererent a manibus eorum, deperierint strumenta cartarum et omnia testamenta rerum praefato monasterio pertinentium, cum aliis rebus quas cogitaverunt ad locum salvationis cum ipsis deferre » (Tardif, Monum. hist., 193, p. 126-7). Il en fut de même à Savigny (Bernard, Cari, de Savigny, p. LXXVIII), à S. Aubin d’Angers (Odonis mime. s. Mauri, 1, SS, XV, 465).

2. La plupart des chartes de S. Maur auraient été détruites dans ce dessein par Gaidulfus (Odonis mirac. s. Mauri, SS, XV, 465).

3. « cum praecepta veterum regum revolverem » ( Odonis mirac. s. Mauri, loc. cit.)

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