‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 118 sur 1207 · COPIES EXÉCUTÉES EN <( FRANCIA · texte numérisé non relu

COPIES EXÉCUTÉES EN <( FRANCIA

recueils de Capitulaires, de Canons conciliaires récents, les Martyrologes, Homéliaires, Florilèges, les si nombreuses productions poétiques (metra), les recueils de formules et de lettres, les nouveaux traités de grammaire, de rhétorique, de musique, de comput, les glossaires. Des ouvrages historique? récents, comme les vies de Charlemagne et de Louis le Pieux, Annales royales et Histoires comme celles de Nithard et plus tard de Rieher étaient aussi d’intérêt général. Les Vies des saints, composées ou refaites en si grand nombre au IXe siècle, n’intéressaient pas seulement l’église qui honorait ces saints d’un culte particulier ; elles étaient reproduites isolément, ou elles entraient dans les innombrables recueils dont les scribes s’attachaient à multiplier les exemplaires. Ainsi s’accroît sans cesse le fonds commun sur lequel travaillent les copistes du VIIIe au XIIe siècle.

Un nombre important de ces copies ont été exécutées sur place, dans une dépendance de l’établissement ecclésiastique ou monastique, véritable atelier domestique où travaillent les scribes, presque toujours membres de la communauté, le scriptorium de l’église 1 voisin de la bibliothèque et du sacrarium où sont gardés les livres.

Une autre portion est sortie d’un autre atelier que celui de l'église qui conserve ces manuscrits. Du VIIIe au XIe siècle, on l’a vu, des livres continuent de traverser la Manche, les Alpes et les Pyrénées. Mais c’est dès lors le plus souvent des ateliers français autres que le sien que proviennent soit directement, soit indirectement, les livres qu’une église du pays n’a pas fait écrire auprès d’elle.

Ces manuscrits ont été parfois commandés par l’église ou par l’un de ses bienfaiteurs à un autre scriptorium. Souvent aussi, ils entrent dans sa bibliothèque, par échange, achat, don, sans que peut-être soit connue l’origine du livre. Sortis de quelque scriptorium, proche ou lointain, ces volumes sont cédés à l’église, comme tout autre objet de prix par leur propriétaire quel qu’il soit, église, prélat, clerc ou moine, roi, grand du royaume ou simple particulier.

Que le travail soit fait dans le scriptorium de l’établissement ou ailleurs, la production des livres est surtout indigène. L'immense majorité des manuscrits qui forment les bibliothèques ecclésiastiques ou monastiques du VIIIe au XIIe siècle, sortent des scriptoria qui pullulent dans toute l’étendue de l'ancienne Gaule. Ces livres datent pour la plu-

i. Sur le scriptorium en tant que bâtiment ou local, voir t. III, p. 1x9-121.

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