‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 121 sur 1207 · SCRIPTORIUM » DU PALAIS DE CHARLEMAGNE · texte numérisé non relu

SCRIPTORIUM » DU PALAIS DE CHARLEMAGNE

lemagne, Louis le Pieux, Charles le Chauve 1 en particulier, ont été protecteurs des lettres et grands amateurs de livres 2. Un certain nombre de ces livres au moins n’ont-ils pas été écrits dans leur palais ?

Sur un certain nombre de manuscrits, de luxe pour la plupart, une note indique que le livre a été exécuté sur l’ordre du roi Charles 3 L’un d’eux notamm nt a été corrigé, après exécution faite sur son commandement, par un certain Jacobus, dont le nom se retrouve parmi ceux des notaires de Charlemagne qui ont rédigé ses diplômes 4. Un manuscrit exécuté par Winithar 5, à prendre à la lettre les vers qui le dédient au roi, aurait été corrigé par Charles lui-même 6. Quand dans un livre ayant appartenu à une église une note relate qu’il a été exécuté sur l’ordre du prélat de cette église, on en peut conclure qu’il le fut sous ses yeux, dans le scriptorium de ce’le-ci. Lorsqu’un livre est écrit sur l’ordre du roi, n’est-il pas semblablement exécuté au scriptorium de son palais ? Plusieurs parmi les scribes qui se mettent à l'œuvre sur commandement de Charlemagne, prennent la

r, Héric, dans la préface de la vie de saint Germain que Lothaire, fils de Charles le Chauve et abbé de S. Germain d’Auxerre, lui a ordonné d’écrire et qu’après la mort de celu -ci, il dédie à son père, fait de Charles le Chauve le continuateur de Charlemagne * dum quod ille sopitis eduxit cineribus, vos fomento multiplia tum beneficiorum, tum auctoriia is, usquequaque provehitis » (Poetae lai., III, 429 ). Héric estime que le temps est revenu où « vel philosopharentur reges vel philosophi regnarent » (loc. cit.).

2. Voir plus loin (Section V, Chap. XXV) les collections delivres formées par eux.

3. L’an 768, « Carolus rex Francorum hune libellum legis salicae scribere jussit » (Montfaucon, B. Regia, 5189, B. Bibl., II, 755) : en 780, Adam a écrit à Worms la Grammaire de Diomède sur l’ordre de Charlcm igné (Versus libris saec. VI II adjecti, Poetae lat., I, 93-4) ; en 781, Godesralc exé> ut l’Évangéliaire dit de Saint-Sernin (B. N. nouv. acquis. 1203) sur l’ordre de Charles et d’Hilgarde, (7, p. 93). Du odex écrit par Wigbodus, il est dit : « Carolus rex Francorum et Langobardorum hune codicem ad opus suum scribere jussit » (8, p. 95, 97) ; d’un livre de médecine qui a passé au IXe siècle dans la bibliothèque de Reichenau, que le roi Charles a ordonné de l’écrire et que Jacques, son famulus, l’a lu (sans doute corrigé) avec tout son zèle (stilo, animoque), 9, p. 98, of. p. 88 ; d’un Lectionnaire de Saint-Germain d’Auxerre qu’il a été exécuté par le moine Ebrardussur l’ordre de l’empereur Charles (Tituli saec. noni ine'intis, 4, Poetae lat., II, 432-3) 1 d’un recueil de questions sur Daniel : « quem jussit d0-’ rex Carlus (Charles le Cha ve ?) transcribere exauthentico Petrj» (Mart ne, Ampliss. coll., IX, 277); f. Delisle, Cab. des mss., I, 3-6.

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