CHAPITRE VI
Les « scriptoria » sont-ils tous ecclésiastiques ou monastiques ?
Les livres exécutés en France du VIIIe au XIIe siècle, sortent-ils tous d'un script^num ecclésiastique ou monastique ? existe-t-il pour la transcription des mauuscrits des ateliers autres que ceux des églises ?
Aux VIIIe et IXe siècles, des scribes travaillaient certainement au palais des rois. La chancellerie occupe des notaires et des scribes 1 à la rédaction des diplômes, lettres royales, instructions à l’adresse des missi, capitulaires. Ces mêmes fonctionnaires ou, à côté d’eux, d’autres scribes n’étaient-ils pas employés à exécuter des manuscrits à l’usage des monarques ?
Ceux-ci s’intéressent aux compositions littéraires et théologiques du temps qui leur sont très souvent dédiées 2. Char-
1. Loup 1 : j Ferrières écrit à l’empereur Lothaire au suj t de l’un de ses moines occupé au palais « in officio condendarum epiyolarum » ( Epist . io8, Epist. Kami aevi, IV, 93). Les « pueri palatini », écrit Alcuin à Charlemagne, devront être instruits à écrire élégamment ce que l’éloquence royale leur dictera (i“2, I, 285).
2. Un grand nombre de commentaires de livres de la Bible ont dédiés par Ra’ an Maur à Louis le Pieux, à Lothaire Ier, à Louis le Gtrmanique, qui parfois es lui ont expressément demandés. Charles le Chauve a reçu lui aussi des dédicaces d’ouvrages (voir n. suiv.).