‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 132 sur 1207 · SCRIBES DE PROFESSION · texte numérisé non relu

SCRIBES DE PROFESSION

contre les Huns (in Hunia in exercitu) et a été terminé au monastère de saint Florianus x.

On signale souvent des personnages vivant en reclus, menant la vie érémitique, qui, dans leur ermitage, se livrent à cette occupation réputée méritoire ; toutefois ils résident et travaillent en général à proximité et sous l’influence d’un monastère 2. Des clercs chapelains d’un gra d personnage ont pu copier des livres pour lui. C’était certainement le cas d’un certain Gerward qui, à sa mort en 814, légua aux moines de Lorsch ses terres sises dans le voisinage de Nimègue avec ses livres au nombre d’une vingtaine dont la liste a été conservée 3. Or l’un de ces volumes qui a subsisté renferme cette note : « liber Gerwardi quem ei scripsit Flotbertus c'ericus suus » 4. Des prêtres d’églises rurales ont pu écrire des livres pour le dominus dont ils desservent l’une des églises. Les famuli qui offrent à Charlemagne des livres qu’ils ont exécutés appartenaient peut-être à sa chapelle.

A la fin du Xe siècle, Gerbert écrit qu’en Italie on trouve partout éparpillés (passim) dans les villes et les campagnes des scriptores 5, qui semblent bien être des scribes de .profession et qui vivent des commandes qui leur sont faites. Peutêtre conservent-ils encore en quelque manière la tradition du métier des temps antiques, où des copistes travaillaient pour le compte de libraires, véritables éditeurs d’ouvrages. Tels Yantiquarius Viliaric dans l’officine (statio) duquel fut écrit au VIe ou VIIe siècle un manuscrit d’Orose en onciale par un scribe qui invite le lecteur à prier pour lui 6, Yantiquarius Théodore, habitant le Palatin, qui a fait corriger le

1. B. Bruxelles, 8216-8, note publiée par Pertz, Archiv., VIII, 81 ; cf. Lindsay Nnlae lut., p. 448-

2. A Saint- Wandrille, le prêtre Harduin qui menait la vie contemplative dans une cella isolée, a écrit des livres et formé des disciples (Gesta abb. Fontan., 16, p. 48). Un ms. exécuté pour S. Remi de Reims entre 798 et 800 était l’œuvre du prêtre Lambert qui menait la vie solitaire (cf. plus loin. Script, de S. Remi, p. 262). A Reichenau, Maurat est dit « moine et ermite notre frère » (ms. 48, Hôlder, p. 238). A Saint-Gall, au Xe siècle, Hartker est dit « reclusus » (Stiftsb., ms. 390, f° n, Scherrer,

3. Vat. Pal. lat. 1877, f0E 33-4: « Hos libros repperimus in Gannettiass (Gand, près Nimègue), quos Gerwardus ibidem reliquit et ab inde hue illos transtulimus » (Lindsay, The Early Lorsch script or ium, dans Palaeogr. lat., III, p. n). Cette liste a été ajoutée au ier des catalogues de Lorsch.

4. Pal. lat. 234, f° 114 : « Liber Gerwardi quem ei scripsit Flotbertus clericus

suus » (Lindsay, loc. cit.).

5. Epist. 130 : « Nosti quôt scriptores in urbibus ac in agris Italiae passim habean-

tur » (éd. J. Havet, p. 117). . ....

6 B Florence Laurent ; LXV, 1 : « confectus codex in statione magistri Viliaric antiquarii, ora pro me scribtore, sic dominum habeas protectorem ». Cf. Lindsay, Notât lat., p. 457 ; Wattenbach, Das Schriftwesen, p. 537.

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