‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 133 sur 1207 · SCRIBES CLERCS, MOINES, LAÏQUES · texte numérisé non relu

SCRIBES CLERCS, MOINES, LAÏQUES

texte de Boëce d’après le manuscrit de Renàtus, « vir consularis 1 ; tel aussi peut-être le Gaudiosus librarius, dont la statio, vers la même époque, se trouvait à Rome, près de Saint Pierre-aux-liens 2. Mais si, les libraires disparus, des scribes pratiquent encore leur métier en Italie au temps de Gerbert, il ne l’était plus alors dans les Gaules s’il l'a jamais été.

Vraisemblablement au reste, les scribes professionnels qui ont pu travailler pour les rois, les grands ou les églises ailleurs qu’en un atelier ecclésiastique ou monastique, étaient eux-mêmes, presque tous, sinon tous, des clercs ou des moines. Le personnage placé au secrétariat du palais de Lothaire est un moine de Ferrières que son abbé rappelle parce qu’il le tient pour peu sûr. Ebrardus, qui écrit sur l’ordre de Charlemagne, est un moine de Saint-Germain d’Auxerre. Adam, qui obtient un monastère en remerciement du manuscrit qu’il a exécuté, pouvait être un laïque ; mais plus probablement il était lui aussi clerc séculier ou moine. Les copistes, calligraphes qui nous sont connus comme ayant exécuté un manuscrit pour les rois, un Dagulfus, un Godescalc, un Wicbodus, un Jacobus, un Adam, un Faustin sont peutêtre des clercs ou des moines. Ecclésiastiques, religieux ou laïques, ils ont sans doute été formés dans l’atelier d'une église, comme c’est certainement le cas pour le dernier qui a travaillé à Lyon près de Leidrade. Des scribes laïques se rencontrent parfois dans un scriptorium d’église ou de monastère 3, mais il s’agit sans doute de serviteurs, d’hommes de l’église, et ils travaillent sous la direction du moine ou du clerc à qui est confié le scriptorium. Les femmes qui tiennent la plume sont vraisemblablement des religieuses et écrivent, semble-t-il, dans le scriptorium de leur monastère 4.

1. B. N. nouv. acq. lat. 1611, f° 51 : « contra codicem Renati v. c. correxi qui confectus ab eo est Theodoro antiquario qui mine Palatinus est # (Cuissart, Cotai. B. déptsy XII, 131).

2. Telle est au moins l’ingénieuse restitution proposée par dom de Bruyne du texte corrompu d’une note apposée sur un ms’, des Évangiles du IXe ou Xe siècle (B. Angers, ms. 20) « de statione gandio libri ad vincula sancti pétri civitate romana » (Gaudiosus, un vieux libraire romain, dans R. Bènèd., r9i3, p. 343-4).

3. Un ms. de Sénèque du IXe siècle (B. N. lat. 8658 A), provenant peut-être de Corbie, porte la souscription : « Ragambertus quamvis indignus laicus barbatus hune codicem scripsit » (Châtelain, Paléogr. class.,- II, 22, PI. CLXX) ; un ms. de Josèphe X-XIe siècle a été écrit sur l’ordre de l’abbé de Fleury, Abbon, par Robert «laicus quamvis indignus» (Hagen, Cat. cod. Bernensium, ms. 183, p. 240). Dans une miniature d’un Lectionnaire de l’école d’Echternach de la B. de Brême sont représentés deux scribes, un moine et un laïque travaillant dans le scriptorium. Cf. Haseloff, dans Hist. de l'art. d’A. Michel, I, p. 727.

4. C’est le cas, semble-t-il, de la « scriptrix » quia exécuté au XIe siècle, un ms. de Sulpice Sévère, lequel a passé à la cathédrale de Metz (B. Metz, ms. 304) et certai-

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