‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 135 sur 1207 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Caractères généraux et particuliers des « scriptoria » ecclésiastiques.

Comment reconnaître et dater les livres qui en sont sortis ?

§ i. — Caractères communs et traits distinctifs

Les livres, à peu d’exceptions près, ne sont exécutés que dans les scriptoria des églises et des monastères. Mais ces ateliers sont très nombreux et même s’il n’est sorti de la plupart d’entre eux qu’un petit nombre de manuscrits, leur production totale du VIIIe au XIIe siècle a été considérable.

Il semble bien que chaque église épiscopale et chaque monastère, y compris les monastères sujets d’un évêché ou d’une abbaye, soient pourvus d’un scriptorium. L’équipement et le rendement de ces ateliers sont n?turellement fort inégaux d’une église à l’autre et il est souvent difficile d’en apprécier l’importance relative. Quelques-uns ont obtenu une véritable primauté, ont pris la tête du progrès dans l’art de la calligraphie et de la décoration des livres, propagé leur technique ou simplement répandu leurs produits réputés soit dans une région, plus ou moins large, soit même à travers tous les pays qui ont formé l’empire carolingien. D’autres n'ont eu qu’un rendement modeste et n’ont satisfait qu’à des besoins locaux.

Ces ateliers ne nous sont connus en général que par les manuscrits qui en sont sortis, dans la mesure ou ceux-ci subsistent et à la condition qu’ils puissent être identifiés. Rares, en effet, sont les renseignements fournis par les sources historiques et littéraires sur l’activité des scriptoria ; les inventaires et nombreux catalogues de livres qui ont été conservés, ne nous renseignent le plus souvent que sur le contenu des bibliothèques à l’époque où ils ont été rédigés. Parfois ils signalent qui a fait écrire ces livres ou qui les

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