‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 136 sur 1207 · TRAITS SIMILAIRES DÈS « SCRIPTORIA · texte numérisé non relu

TRAITS SIMILAIRES DÈS « SCRIPTORIA

a exécutés et par là indirectement identifient l’atelier d’où ils sont sortis, ordinairement celui de l’établissement même ; le plus souvent, ils ne donnent aucune indication sur l’origine des livres que possède l'établissement.

Ces documents sont toujours muets sur les caractères par lesquels l’un ou l’autre atelier a pu, par sa technique et son style, se distinguer des autres. Seuls, les livres qu’à notre connaissance un atelier a certainement exécutés permettent de déterminer les méthodes qui y sont pratiquées, le genre d’écriture, le système d’abréviations, le style d’ornementation familiers à ses scribes et peintres et de se faire quelque idée soit du nombre de ceux-ci, soit de leur qualité, du zèle, de l’activité et du talent qu’ils apportent à leur tâche.

A cet égard, un nombre important de livres exécutés au cours de cette époque, qui sont conservés encore aujourd’hui ou dont les traits caractéristiques nous sont connus, bien qu’ils ne subsistent plus, rendent eux-mêmes témoignage de l’atelier qui les a produits et de l’époque où il les a exécutés. A la vérité, ces témoins qui, en provenance d’un certain nombre de scriptoria, sont relativement nombreux, font presque complètement défaut pour d’autres. Mais, comme il est naturel, ce sont les scriptoria qui ont le plus produit qui, en général, ont laissé derrière eux les traces les mieux acéusées.

Les traits caractéristiques des œuvres qui sortent soit d’un même atelier, soit de l’ensemble des scriptoria se modifient d’une époque à une autre. L’évolution des formes de l’écriture a été rapide au cours du dernier tiers du VIIIe siècle et du premier du IXe; celle du style ornemental se poursuit pendant tout le cours du IXe siècle et encore au Xe. Bien qu’en l’un et l’autre ordre, calligraphique et artistique, cette évolution ne soit sensible que dans un certain nombre de scriptoria et qu’elle ait été mieux marquée, plus précipitée et plus complète dans l’un ou l’autre, on peut y distinguer des tranches d’ordre chronologique pourvues chacune- de caractères propres.

A une époque donnée, les scriptoria présentent certains traits communs. L’emploi des mêmes écritures tend notamment à se répandre, à se généraliser. Une sorte de collaboration, d’émulation s'établit à la fin du VIIIe siècle et au commencement du IXe entre les divers ateliers dans la recherche de formes plus simples, plus régulières, plus élégantes. L’une de ces écritures, la minuscule Caroline, qui apparaît définitivement constituée vers l’an 800, s’est implantée partout avant le milieu du IXe siècle. La création et la propa-

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