SCRIPTORIUM » DE L’ÉGLISE DE LYON
Leidrade b Vraisemblablement il s’était formé dans le scriptorium de l’église de Lyon. On peu! par conséquent conjecturer que les six manuscrits qui subsistent et où une note signale que Leidrade, évêque indigne de Lyon, a offert ces livres à l’autel de Saint-Étienne 1 2, ont été exécutés dans le scriptorium lyonnais et peut-être aussi ceux qui ont été offerts à leur église par les archevêques Agobard et Amolon 3. Un manuscrit des Évangiles renferme une liste des évêques de Lyon, dont les deu.x derniers sont Agobard et Amolon 4 ; même si ces Évangiles n’ont pas été écrits dans le s:riptor'.um de l’église de Lyon, c’est là certainement qu’ont été inscrits ces noms. Un traité de saint Jerome a été offert à Saint- Étienne par l’évêque Remi '852-875) et porte en outre le nom de Richirannus qui déclare avoir achevé de le lire, c’està-dire peut-être de l’avoir corrigé après qu’il a été exécuté 5. Un autre manuscrit, offert semblablement à l’autel de Saint- Étienne par le don de l’évêque R mi, a été écrit par le peintre Martin 6. Vraisemblablement cet évêque a fait écrire et corriger ces livres par des membres du clergé de son église.
L’activité littéraire des évêques et du clergé de Lyon au IXe siècle a contribué à donner essor au scriptorium de cette église. A Lyon ont été écrits alors les lettres et opuscules de Leidrade 7 , les ouvrages de polémique d’Agobard, les traités doctrinaux d’Amolon 8 et de Remi 9. Les questionnaires auxquels Remi se réfère ont été envoyés à l’église de Lyon (ad ecclesiam Lugdunensem) ; c’est cette église parti-
1. B. Lyon, ms. 599, 608, 610, Cutal. gén. des B. publ. des Départent ., XXX, p. 154, 159 ; B. N. lat. 152, fos 21-5, 173 ; cf. Delisle, Cab. des mss., II, 380-1 ; III, 246, et Notice sur plusieurs anciens mss. de la B. de Lyon dans Not. et Extraits, XIX,
2, p. 390 et suiv. L. Delisle a décrit en outre un sixième 1ns. conservé alors dans la B. des Maristes de Se Foi les Lyon, cf. Notice sur un ms. de Lyon du temps de Charlemagne, dans Not. et Extr., 1897, XXXV, 2, p. 831 et suiv.
2. B. Lyon, ms. 471, 462, cf. Calai, et Delisle. Notice sur plusieurs ms., p. 392.
3. Fonds du Sémin. d’Autun, ms. 5, Catal. B. Dépts, série in-40, t. I, p. 12.
4. B. Lyon, ms. 463: «ex voto Remigii humilis episcopi. Sit utenti gratia, largitori venia, fraudanti anathema. Liber a me lectus explicit, Richirannus qui vocor » (p. 122).
5. B. Lyon, ms. 609, p. 160 ; le don de l’évêque est* signalé au f° r, le nom du copiste est mentionné au f° 133. Cf. Delisle, Notice, p. 394.