SCRIPTORIUM » DE L’ÉGLISE DE LYON
culièrement autorisée qui répond par sa plume à ces consultations doctrinales h Il n’est pas douteux que le scriptorium de l’église n’ait été l’instrument dont il s’est servi pour les rédiger.
Amalaire, administrateur de l’église de Lyon pendant l’exil d’Agobard, avait composé un codex en quatre volumes qu’il ordonna de lire et de copier (legendum transcribendumque tradidit) et qu’il appelait livre des offices (Officialem). Il produisit aussi un Antiphonaire composé et corrigé par lui et en outre un nouveau volume qu’il fit soigneusement relier à Lyon et orner de bandelettes de soie 1 2. Le diacre de Lyon, Floru s, son grand adversaire, l’accuse d’avoir disséminé ses erreurs grâce à une multitude de livres 3. Il aurait présenté le détestable « codex » de ses opuscules à la « parochia >. lyonnaise, c’est-à-dire sans doute au clergé de l’église de Lyon pour le faire lire et transcrire 4. Le chorévêque de l’église a reçu ordre de faire copier ces ouvrages, attendu, prétendait-il, qu’ils seraient utiles à tous 5. Florus en ayant pris connaissance, les a trouvés pleins de mensonges ; il a conseillé au chorévêque de se refuser à les faire transcrire et de rendre aussitôt ces livres a leur auteur. Au reste, la plume de Florus s’exerçait, semble-t-il, contre Amalaire, sur les manuscrits des œuvres de celui-ci. Sur un exemplaire de YOfJîcialis d’ Amalaire exécuté au IXe siècle, des gloses d’une écriture presque contemporaine attaquent les vues de l’auteur avec une âpreté passionnée. Ce manuscrit est sans doute l’un de ceux qu’Amalaire a fait exécuter au scriptorium de Lyon, ou du moins en est une copie ; les annotations sont apparemment de la main même de son adversaire, Florus 6.
Le scriptorium lyonnais a été certainement aussi mis à
1. De tribus epist., Praef : « ad ecclesiam nostram, id est, Lugdunensem, epistolae perlatae sunt » — « quid praefata ecelesia... de eadem re sentiat » (Migne CXXI, col. 985-6).
2. Épître adressée à Drogon et Hetti : « novum digessit volumen et apud Lugdunum ornate indui ac vittis sericeis distingui fecit » (Migne, CXIX, 73).
3. Opusculum de causa fidei : « librorum multiplicium monumentis longo jam tempore, ubi poterat, velut sator nocturnus » (col. 80).
4- « Detestandum opusculorum suorum codicem omni parochiae nostrae velutlegendum et transcribendum ingessit » (col. 81).
5. I'. pitre adressée au concile de Thionville : « quos etiam chorepiscopo ecclesiae nostrae velut valde utiles omnibus jussit transcribere » (col. 95).
6. B. N. n. acq. lat. 329. Cf. dom Wilmart, Un lecteur ennemi d’ Amalaire, dans R. Bénéd., 1924, p. 317-28. Le ms., suivant l’hypothèse de dom Wilmart, aurait été écrit et annoté pendant qu’Amalaire occupait le siège de Lyon entre 835 et 838 (P- 328).