‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 160 sur 1207 · FLORUS ET LE « SCRIPTORIUM » LYONNAIS · texte numérisé non relu

FLORUS ET LE « SCRIPTORIUM » LYONNAIS

contribution par ce dernier pour la mise au net et la transcription de ses ouvrages. C’est à Lyon que le diacre Florus a composé, fait écrire, ou éc. it de sa main ses traités \ poèmesi. 2 et lettres 3. Il pratiquait certainement lui-même l’art de l’écriture : « Je préférerais, déclare-t-il, me faire amputer des trois doigts qui serveni à écrire, plutôt que de confirmer par ma souscription les erreurs d’Amalaire » 4. Au reste, il dirigeait surtout le travail des scribes, corrigeait et annotait de sa main les manuscrits qu’ils avaient exécutés ou ceux qu’il mettait en leurs mains pour les transcrire et en faire des extraits.

Les Collectanea de droit canonique de Florus ont été certainement composés d’après un manuscrit du Code théodosien en semi onciale qui subsiste encore 5. Les textes qui en ont été extraits correspondent exactement aux passages marqués dans e manuscrit. Chacun de ces passages a été soigneusement corrigé et c’est le texte amendé qui est reproduit dans les Collectanea. On en peut conclure que le manuscrit en semi onciale du Code théodosien se trouvait à cette époque à Lyon, que les marques signalant les textes à transcrire ont été apposées, les corrections faites par Florus lui-même, préparant ainsi le travail de ses scribes. Le manuscrit nous livre par conséquent des exemplaires de

i. Pour VExpositio de Florus sur les Épîtres, voir plus loin, p. 112-3. Son De expositionc missae a été conservé dans un ms. du Xe siècle de la bibliothèque de la reine Christine (Migne CXIX, 15), dont nous ignorons la provenance et qui est une copie déjà tardive du ms. original. Plusieurs mss. de son ouvrage contre Jean Scot sortent directement ou indirectement du scriptormm lyonnais. I.c ms. de la B. N. 2859 est proprement lyonnais, le ms. de la B. du Vatican Regin. 240 procède de la tradition lyonnaise (cf. dom Wilmart, Un passage sauté de l'ouvrage de I'iorus contre J. Scot , dans la R. Bénéd., 1930, p. 372). L’auteur d’une lettre que dom Wilmart estime être Florus a envoyé à un évêque un « libellas » relatif, semble-t-il, a l'affaire de Gottsehalk (R. Bénéd., 1930, p. 154). Ce libellus, s’il est de Florus, est sorti du scriptorium lyonnais. Là aussi sans doute a été écrite l’histoire composée par I-lorus pour l’éducation du jeune Charles sur l’ordre de l’impératrice Judith (scriberc compulit) (Migne, CXIX, 424). 11 en est de même du Martyrologe de Florus qui est perdu, mais qu’Adon de Vienne déclare avoir utilisé (cf. dom Quentin, Le codex Bezae à Lyon , R. Bénéd. 1906, p. 2).

2. Les poèmes de Florus sont conservés dans un ms. de Saint-Claude (B. X. lat. 2832) du IXe siècle, offert au sépulcre de saint Oyan par le prévôt Maimon, copie qui fut prise vraisemblablement à Lyon sur l’original, et oans un autie ms. du IX siècle (lat. 7558) dont nous ignorons l’origine.

3. Dom Wilmart attribue à Florus une lettre qu’il a découverte dans le ms. latin 24 D du fonds de la Reine au Vatican (Une lettre sans adresse écrite vers le milieu du IXe siècle, dans la R. Bénéd., 1930, p. 159) et qu’il a publié" (p. 154)-

4. Épître adressée au concile de Thionville.: «très prius digitos quibus scribimus radicitus amputari vellem, quam errores lnijusmodi nianus pmpriae subsrriptiont* firmarem » (Migne, CXIX, 95).

5. B. Berlin, 85 (Phill. 1 745). C.f .Tafel, The Lyons Scrip:n;:t:m Palaeogr .lut ., !\ , p. 4 i.

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