RICHES RELIURES DES CHAPELLES PRINCIÈRES
XVIIIe siècle des Évangiles dage carolingien dont la reliure était faite d’ivoire et d’or 1.
La chapelle des rois et des grands renfermait certainement aussi des livres liturgiques magnifiquement reliés. Nous en pouvons juger par le testament du marquis Evrard qui dispose en faveur de ses enfants, parmi les livres de sa chapelle, d’un exemplaire des Évangiles recouvert d’or et d’un autre orné d argent, d un Missel et d’un Lectionnaire revêtus d’or et d argent, d’un Évangile, d’un Lectionnaire, d’un Missel, et d un Antiphonaire recouverts d’ivoire 2. Parmi les pièces précieuses recueillies par l’église de Monza au Xe siècle provenant de la chapelle du roi Bérenger, figuraient un Épistolaire dont la reliure était formée de deux tables d’ivoire, un Évangéliaire relié avec des tables d’ivoire, un Sacramentaire revêtu seulement de tables de bois et un Missel orné d’ivoire 3. C’est de la chapelle de Louis le Pieux, de celles de Charles le Chauve et de Lothaire que provenaient les livres richement reliés que possédaient Saint-Médard, Saint-Denis, Saint- Corneille et le monastère de Prüm.
§ 2. — Fonds de pourpre et lettres d’or.
La décoration .extérieure des livres liturgiques, des Évangiles et des Bibles appartenait à l’art des orfèvres et sculpteurs d’ivoire ; le travail était vraisemblablement exécuté dans les mêmes ateliers ecclésiastiques et monastiques où étaient fondues, ciselées et montées les autres pièces d’orfèvrerie du trésor et par les mêmes ouvriers. L’ornementation intérieure de ces volumes relève au contraire de la calligraphie, de l’art du dessin et de l’enluminure qu’exercent dans les scriptoria des églises et des monastères des mains presque exclusivement ecclésiastiques et monastiques.
La membrane qui reçoit l’écriture et les ornements dont elle s’accompagne présente parfois à l’artiste calligraphe un fonds coloré. Les feuillets de parchemin dont sont formés les livres de luxe ont été souvent au IXe siècle teintés au préalable en pourpre 4. Que la membrane soit colorée ou non, l’écriture des manuscrits de luxe est souvent revêtue d’or