‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 162 sur 1207 · MANNON AU « SCRIPTORIUM » LYONNAIS · texte numérisé non relu

MANNON AU « SCRIPTORIUM » LYONNAIS

ce Commentaire x, le manuscrit a dû être écrit sous sa direction à Lyon. Il y faut voir sans doute une sorte de brouillon préparé pour la publication de cet ouvrage 1 2. Les deux mains qu’accuse le manuscrit témoignent que Florus a dicté ou indiqué à deux scribes les passages des œuvres de saint Augustin qu’ils devaient transcrire, se réservant de reviser leur travail. Ce brouillon, qui ne nous est parvenu qu’incomplet3, a été mis au net probablement à Lyon par un scribe, peut-être l’un des deux précédents et qui serait le prévôt Mannon 4.

L’un des traits qui distingue la méthode de composition suivie par Florus c’est le souci qu’il a de faire figurer l’indication de la source qu’il exploite en marge du texte cité 5. Il recommande cette méthode dans la lettre qu’il adresse à Eldrad 6. Ce document, où il donne à cet abbé de Novalèze des conseils en vue de l’exécution d’un nouveau Psautier qu’Eldrad se propose d’écrire, montre qu’il était particulièrement expert en ce genre de composition, qu’il avait pcis soin de consulter ie texte des Septante et les « volumes hébreux » et corrigé le Psautier en usage à Lyon 7. Vraisemblablem nt il avait fait transcrire le texte révisé par lui.

Mannon est son élève et a été formé par lui à Lyon. Le disciple paraît avoir adopté les pratiques du maître. On peut se demander si les références marginales du manuscrit du Commentaire de saint Paul ne sont pas de sa main. Son écriture a d’ailleurs des traits caractéristiques qui la distinguent de celle de Florus 8. Un certain nombre de manuscrits sont conservés où on reconnaît ta main ; ds ont s ns doute été écrits par lui à Lyon 9. Sur un manuscrit du « De

1. B. Lyon, ms. 484. L’hypothèse est de L. Delisle ( Notices et Extr., t. XXIX, 2e P., p. 402) ; elle est admise par dom Wilmart ( Sommaire de l’ Exposition de Florus sur les Épîtres, dans R. Bcnéd., 1926, p. 215), tandis que suivant Tafel ( The Lyons Script., p. 49-50), le ms. 484 de Lyon serait, comme le 96 de Troyes, de la main du prévôt Mannon.

2. Cf. dom Wilmart, L’exemplaire lyonnais de l’Exposition de Florus sur les Épîtres et ses derniers feuillets dans R. Bénéd., 1930, p. 73.

3. La ire partie fait défaut dans le ms. 484, mais elle figure dans la copie que représente le ms. 96 de Troyes. Dom Wilmart a retrouvé à la B. N. au fonds Baluze (fragm. 4 du ms. 270), une portion qui manque à la fin du ms. (p. 74)’

4. B. Troyes, ms. 96. On a vu n. 1 que Tafel attribue à Mannon l’exécution des deux mss.

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