SCRIPTORIUM » DE SAINT-CLAUDE
Oyan par le prévôt Mannon1 vers la fin du IXe siècle et sur lesquels mention est faite du don qu’il en a fait 2, deux sont du VIIIe siècle ? et n'ont pu être exécutés au monastère ; mais les autres sont contemporains 4. Un certain nombre ont peut-être été é ras par Mannon lui -même à Lyon. Il a pu aussi en écrire ou en faire écrire sous ses yeux plus tard à Saint-Oyan. Un manuscrit du IXe siècle de Martianus Capella qui provient de la bibliothèque de Saint-Claude 5, est d’une écriture très apparentée à celle de quelques-uns des livres qui portent la dédicace qu’en a faite Mannon à Saint-Oyan. S’il avait été donné aussi par celui-ci à la comcomunauté, le nom du donateur serait vraisemblablement apposé. Vraisemblablement, ce manuscrit n’est pas venu du dehors ; il a été exécuté au scriptorium de l’établissement, ainsi qu’un certain nombre de ceux qui ont été offerts par Mannon. Le manuscrit du « De officiis >, de Cicéron, de la fin du IXe siècle et qui porte 1’anagramme de Mannon écrit de sa main a été exécuté à Saint-Claude, s’il ne l a pas été à Lycn 6.
Au XIe siècle, l’atelier de Saint Claude fonctionnait certainement encore, car un catalogue dressé à cette époque des livres que possédait le monastère, signale un manusuit
1. Sur l’identité de ce personnage, cf. Traube, Zur Ueberlieferung der Elegien des Maximianus , dans Vorles., III, 39. Traube établit que deux personnages de ce nom sont connus, l’un né en 843 (Ann. s. Maxim Trevir , SS, IV, 6 et Ann. Laudun., XV, 1294), qui enseigna au palais de Charles le Chauve après 864 (Vita Radbodi, XV, 569), l’autre qui fut prévôt de Saint-Oyan et dont il est fait mention en avril 870 dans une charte d’Adon'de Vienne (d’Ac.hery, Spicil., XII, 135). C’est de ce dernier qu’il s’agit.
2. L’inscription « voto bonae memoriae Mannonis liber ad sepulchrum sancti Augendi oblatus » figure sur les mss. B. N. lat. 2.832, 9.550, 17.159 ; B. Troyes, ms. 96 et 2405 ; B. École méd. Montpellier, ms. 157, 404 ; Arc.h. dépt. Jura, ms. 2 renfermant le Commentaire de Bède sur s. Marc. Un ms. de Frédégaire du IXe siècle, (B. Vatican, Regin., 213) aurait porté aussi sur un feuillet disparu la même inscription ; mais Tafel (The Lyons scriptorium , Palaeogr. lat., IV, 50) pense que Ruinart a fait erreur en apportant cette allégation. Voir sur ces mss. Delisle, Note sur trois mss. à date certaine, B. Ec. Chartes 1868, p. 218 ; Cab. des mss., II, 409-10 ; III, 226 et 260. Cette inscription n’a pu être apposée sur ces livres qu’après la mort de Mannon, puisqu’il est dit « bonae memoriae ».
3. B. N. 9550, en onciale du VIII® siècle (s. Eucher), vieux, disait Marténe (Voyage littêr., I, 177) de près de 1100 ans ; B. Troyes, 2405 du VIIIe ou IXe s.
4. L. Delisle (B. Ec. Chartes, 1868, p. 219) estimait que le ms. lat. 2832 n’a pu être exécuté avant 848 ; les autres sont aussi du IXe siècle.
5. Ce ms. aujourd’hui à la B. de Besançon (ms. 594, cf. Castan. Catal. B. dépats., in-8°, t. XXXII, p. 353), figurait dans l’inventaire dressé en 1492 (Castan, La B. de S. Claude, n° 27, p. 325).